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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE LA CREATION DU MONDE, Introduction. 29

primer, il ne faut néanmoins les employer qu’avec beaucoup de précau-tion, de peur d’en abuser; cet abus ayant peut-être été une des principa-les causes de ce Polythéisme qui a régné parmi les Grecs, les Egyptiens, ikles autres Payens: rien n etanc plus naturel que de conclure, que, puisqueDieu étoit toutes choses, toutes choses dévoient par la même raison êtreDieu; & que par conséquent Dieu devoit être adoré en toutes choses,c’est-à-dire, dans chaque partie de fa Nature (a).

Soit que les Opinions que nous venons de rapporter touchant l’Origine Réíìe-du Monde, soient justifiées de l'imputation d’Athéisme, ou non, il est xions furcertain que cette Philosophie, qui rapporte sOrigine de toutes choses à ce . s On-line Matière destituée de connoistànce fans l’intervention d’une Divinité, 1110DS *estd’une très-grande antiquité; les premiers Naturalistes ont presque una-nimement attribué la production de toutes choses à l'Océan ou à l’Eau :&c’est pour cela que les Dieux juroient par l’Eau , appellée Styx par lesPoètes, comme étant la choseduMonde Japlus ancienne, & par cela même

la plus respectable (b). C’est par la même raison qu 'Homère appelle l’O-céan le Père des Dieux & la Source de toutes Choses (c): & que Thalès,le Prince des Philosophes Ioniens , soutenoit quel'Eau étoit le premier prin-cipe dont les choses étoient composées (d). Ces mêmes Philosophes sup-posoìent qu’un jour toutes choses redeviendroient eau (e). Mais il sembleque ces Auteurs, qui ont fait de l’Eau le premier principe de tout, n’ontpas entendu par-là l’Eau Elémentaire, mais Je Chaos, qui étoit une sub-stance fluide, suivant la signification du mot Grec. Delà l’idée de Zenon& de Plutarque , qui ont pris le Chaos à'Hésiode pour de l’Eau (/).

La Théologie à'Hésiode , qui, comme on l’a remarqué, (est aussi faCof- 0 ;nion .mogonie,) est un peu confuse, & a beaucoup plus l’air d’un Ouvrage de d'IJésiodeiPoésie, que d’un Système Philosophique. Ce qu’il dit revient à ceci. Aucommencement existoit le Chaos, ensuite la Terre , puis l’Amour le plusbeau des Dieux immortels. Le Chaos engendra VErèke & la Nuit, du ma-riage defqueis naquit YMther & le Jour. Apres quoi il s’atiâche à rendreraison de la séparation des Cieux òt des Etoiles de la Terre, de la forma-tion des Montagnes, de la production_de la-Mer (§), &c. Nous avonsune description plus méthodique & plus complette de cette ancienne Cos-mogonie ; description qui nous a été laissée par Jriflophane (Ji). Voici laCosmogonie de cet Auteur, telle, qu’il la rapporte. Au commencement

O) Cudworth. Intellect. Syss. p. 307.

(£) Arìstot. Metaph. L. 1. c. 3.

(e) Iiomer. apud Plutarch. de Placic. Phil.L. 1. c. 3.

00. Plotarc. ibid. Diogen. Laê’rt. in- VitaThaletis, p. I7> cicer. in Lucull. & deMat. Deor. L. l. Cela s’accorde avili avec unPassage de l’Ecriuire, dont le vrai sens (sui-vant les meilleurs Interprètes) est, que lesCieux matériels, auffi-bíen que la Terre, ontété faits d’eau, 2; Pierre lli. 3, C11 d w.

Intel!. Syff. p. 21. Burnec Arcfoeol. L. !..p. 138. & Theory of theEarth, L. I. c. 4.p. 63. &c.

(<0 Iiomer. Illiad. H. Plut; in Strom. apudEufeb. de Prarp. Evang. L. I. c. F.

(/) Zeuo apud Scholiast. Apollon. Argon; 4..& Plut. in Tract. Aquane an Ignis fit utsi-iior? p. 953- -( g ) Hesiod. Theog. v. n6. seq,

(L) Aristopb. In Avibus.-

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