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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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34 HISTOIRE UNIVERSELLE.

de toutes Choses à des Atomes insensibles & privés d’intelligence. Ce der-nier Système est celui qu’on a ordinairement désigné par le nom de Philoso-phie Atomique , dont les Fondateurs ont été Leucippe & Démocrite (a), &ensuite Epicure , qui y a fait quelques changemens» quoiqu’il n’ait pasvoulu reconnoître qu’il dût son hypothèse à quelqu’un (b).

Mais fans nous arrêter à examiner qui a introduit le prémier cette hy-pothèse , il est certain qu’elle a fait naître une méthode de philosopher plusexacte que celle qui avoit été en vogue jusqu’alors. Car les Atomistes né-gligeant les Nombres» les Proportions, les Harmonies, les Idées, les Qua-lités, & les Formes Elémentaires ,s’attachoient à la considération des Corpsmêmes, à leurs propriétés Physiques & Mechaniques, à leurs mouvemens,.à leur figure, à la situation de leurs parties, à leur grandeur» &c. dont ilsse servoient heureusement pour déduire leurs pouvoirs, déterminer leursactions, & expliquer leurs effets ; quoique d’ailleurs les notions qu’ilsavoient de l’indivisibilité de leurs Atomes , de leur propriété intrinsèquede se mouvoir, du panchant qui les portoit vers certains endroits, &c. fus-sent directement contraires à la faine Raison (c).

Opinion La Doctrine de Leucippe & de Démocrite, à l’égard de l’OrigineduMon-de V Leudp- de, est que les premiers Principes ont été un nombre infini d’Atomes, oupe, de Dé- de Particules indivisibles, de différente grandeur & de différente figure»mente, & q u j f e mouvant fortuitement ou fans dessein, de toute éternité, dans un.espace infini, se rencontrant les uns les autres, & se mêlant ensemble d’uneinfinité de manières différentes, ont d’abord formé une espèce de Chaos,& ensuite des Tourbillons, dont enfin, après un nombre innombrable decombinaisons, a résulté le Monde tel que nous le voyons (t/)..

WEpicure-. Cette hypothèse, eu égard à la formation des principales parties ditMonde, s’accorde avec celle à’Epicure , telle qu’elle nous est représentéepar Lucrèce (e) ; excepté qu’il ne fait aucune mention de Tourbillons, quine laissent pas d’être une partie essentielle de l’hypothèse précédente.. Auxdeux propriétés que Démocrite attribue aux Atomes, savoir, la grandeursla figure, Epicure en a joint une troisième, savoir la pesanteur, sans la-quelle il ne conçoit pas qu’sis auroient pu fe mouvoir (/). Or une con-séquence inévitable du Système de Democrite,. est une fatalité absolue; (carquand, les partisans de ce Système soutenoient que le Monde avoit été faitpar un concours fortuit d’A tomes, leur intention n’étoit pas de nier que leMonde n’eût été fait conformément aux loix éternelles de mouvementde ces Atomes, mais seulement d’exclure la direction d’une Cause intelli-gente;) &une pareille fatalité détruit toute moralité dans l'idéed’L/àre',.àí ne fait de l’Ame humaine qu’un simple ressort. Dans le dessein de fau-

00 Cudworth Intel!. Syst. p. ifi. &c.

(O Cicer. de Nat. Deor. L. I.

(c) Biirnet Archseol. L. I. p. 167 .

(D Diog- Ladre. in Lencippo, p. 567. &W Democrit. p. 573. Plue. de JPiacit. Philos.L, I. c, 4. & Fiat. de Legibus » L.,. X.

(f) Lucret. de Rer. Nat. L. V. Virg. Ecloa.VI. Plut. de Plac. Phil. L. I. c. 4. Histoire,de la Philosophie de Stanley, part. 13. p. 5,7 24&e.

CO àt. ubi supr.. c. 3,