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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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D E L A C R E A T ION D U MON DE, introduction. 37

La première Opinion, qui, comme nous savons remarqué, diffère peud u Spizonijme , semble avoir été celle de Diogène à’/lpollonie («), & a eu q U j C ^ xpour défenseurs Hippasus de Métapont , Húraclite , & les Stoïciens. mettent

Hippajus & Hèrachie tenoient le Feu pour être le premier Principe, dont qu’unetoutes choses étoient composées, & dans lequel, après la révolution de Madèrecertains périodes, elles dévoient se résoudre : ce Feu suivant eux étoitDieu (b), qa’Héraclite décrit comme une Substance qui par fa subtilité & çsuippa-par sa vitesse pénètre & passe par tout l’Univers (c). Les Notions d ’Héra- fm,lUra-chte semblent avoir été fort confuses, au moins de la manière dont on nous ciitc,.m-les représente à présent; ce qui n'est guères étonnant, puisqu’il affectoitfi sort de n’êtrepas clair dans ce qu’il écrivoit fur la Philosophie Naturelle,qu’il en a acquis le surnom à’Obscur {d). On lui attribue d’avoir nié que leMon-de eût été fait par des Dieux ou par des Hommes (c); par où il faut suppo-ser, qu’il n’a point entendu que le Monde n’a pas été fait par aucun Ou-vrier quel qu’il soit, mais seulement qu’il n’a point été formé par le se-cours des instrumens à la manière des Ouvrages humains, & qu’il doit sonorigine à une certaine Nature plastique qui lui est propre {f). II croyoicune Nécessité fatale en toutes choses, mais enseignoitqu’elles souffroientdeschangemens perpétuels. II rendoít compte de la formation duMonde, endisant que Je Feu ayant été éteint, les parties les plus grossières de ce Feu mê-lées ensemble avoient formé la Terre; qu’entre ces parties, les plus fluidesavoient formé l’Eau, de l’exhalaison de laquelle étoit venu l’Air(^). Com-me les sentimens d ’Héraclite touchant l’Origine des Choses ont été adoptéspar les Stoïciens ,dont nous parlerons dans un moment, nous nousconten-,terons d’observer ici, que le fameux Hipocrate avoit la même idée de laDivinité qu ’Héraclits, puisqu’il faisoit profession de croire que le Feu étoitimmortel, & voyoit, entendoit, & savoit toutes choses, tant présentesque futures (L).

Les Stoïciens admettoient deux premiers Principes, Dieu , & la Matière, j es St ^l’un actif, & l’autre passijf, quoique tous deux corporels (r) ; car ils ne ciem.reconnoissent rien de pareil à une .Substance immatérielle (k): ce qui, àle bien examiner, réduisoit leurs deux Principes à un seul. 11s difoientque Dieu est un Etre immortel, doué de raison, parfait, heureux,,exemt de maux, gouvernant le Monde & toutes les choses qui y fontpar fa providence, Architecte de l’Univers (/). Mais ils le représentoientplus ordinairement comme un Esprit de feu, sans figure, qui se

(a) Vid. supr. p. 32.

Q) Plut. de Plac. Phil. L. I. c. 3. Ciem.Alexand. in Protrept. Cicer. Acad. Quaill.L- IV. & de Nac. Deor. L. III,

(c) Plat. iu Cratylo p. 413.

(d) SkoteuÒ;. Cicer. de Finibus., L. II.Ciem. Alex. Strom. V.

(e) Fà de Anima; Procr. p. 1014.

{J) ClldW. lutell. Syst, JJ2, & c .

(g) Plut. dé Plac. ‘ Phif. L. I- c - Z. Diog.Laërt. in Heraclit. p. 551. &c.

(h) Hippocr. de Princip. aut Carn. Sect. I.(2 j Aristocles de Philos, apud Euteb. de

Pra;p. Evang. L. XV. c. 14. Diog. Laërt.in Zenon. Citt. p. 44p. Seneca, Episl. LXV.Cicer. de Nat. Deor. L. II.

(k) LipfiusdePhysiol. Stoic.L. II. c. 4, 5.CO Diog. Laërt, ubí supr. p. 458.

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