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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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3 g HISTOIRE universelle.

changeoit en toutes choses; ou comme un Feu procédant méthodique-ment à la génération du Monde, & contenant en foi les modèles suivantlesquels chaque chose est formée conformément au Destin («): descriptionqu’ils apliquent auíìì à la Nature (b). Cet Esprit, disent-ils, vivifie, sou-tient & pénètre tout l’Univers, aussi-bien que chacune de ses parties,comme l’Ame fait le Corps, étant appelle de différens noms suivant la dif-férente forme de la matière qu’il anime. C'est pour cette raison qu’ils te-noient le Monde lui-même pour Dieu, & chaque partie du Monde pour uneportion de la Divinité ( c ). Si bien que les Partisans de cette Secte sem-blent avoir confondu Dieu &la Nature, quoique leur véritable Doctrineait été, qu’il y a non seulement un Etre intelligent à qui appartient l’inspec-tion & le gouvernement du Monde (Etre qui réside d’une façon particu-lière dans les parties ignées de la Matière;) mais auífi une certaine Natureplastique, qui constitue proprement la Destinée de toutes choses (d). Unepareille Nature plastique,qui agit & qui tend vers certaines fins, quoiquefans connoislance, a trouvé des protecteurs & des adversaires. Ces derniersallèguent pour raison de leur répugnance à admettre ce Système, que dans laformation des Corps organisés, tout se feroit fortuitement, sans causes fina-les & fans la direction d’aucune Intelligence; ce qui est de la dernière ex-travagance: ou bien, que Dieu formeroit lui même les plus petites cho-ses , comme de ses propres mains ; ce qu’il n'est pas convenable de sup-poser ( c ). A-la-vérité il y a eu quelques Stoïciens , qui, rejettant touteIntelligence dans le gouvernement de l’Univers, n’en attribuoient la direc-tion qu’à une Nature plastique, comme a fait en particulier Boëce ; maiscette opinion ne doit point être imputée à toute la Secte en général.

A l’égard de la durée du Monde, le Dogme particulier des Stoïciens(Dogme que Zenon , leur Maître, semble avoir emprunté d ’Hêraclite) étoit,qu’après certains périodes l’Univers étoit consumé par le feu, & reproduitde-nouveau ; Dieu absorbant toutes choses en lui-même par un embrase-ment général ; & ensuite les tirant de nouveau de son propre sein (/).Dans ces embrasemens, disoient-ils, non seulement le Monde, mais auflìtous les Dieux inférieurs, se fondoient dans cette Intelligence de feu, c’est-à-dire , dans la Divinité suprême (g), qui se repose pendant cet interval-le, considérant sa providence, & s’occupant de pensées dignes d'elle(L),jusqu’à ce qu’elle produise un nouveau Monde. Voici, selon Zénon, dequelle manière se fait cette nouvelle production. Dieu, étant seul, chan-ge toute Substance, prémièremenc de feu en air, & ensuite d’air en eau;

(a) Plut. de Bac. Philosoph. L. I. c. 6 (//) Cudw. Intell. Syst. p. 133. & c . 423.

ct 7. ctc.

(D Diog. Laërt. iu Heraclit. p. 465. Cic. (e) Ibid. p. 148- Ote.de Nat. Deor. L. II. (/) Diog. Laert. ìn Zenon. p. 451. Nu-

(c) Vide eosd.ct Plut. ubi supra c. 7. Senec. merlus apud Euseb. Prœp. Evaug. L. XV.Quaist. Nat. L. II. c. 45. & Epist. XCll. c. 18, 19 -

Encan. Phars. L. IX. vers. 758. Didymum (g) Plut. adv. Stoicos, p. 1075. & deapud Euseb. de Pra.'p. Evang. L. XV. c. 15. Defectu Orac. p. 420.ctc. Virg. Georg. L. IV. vers. 221. & Eneid. (&) Idem adv. Stoic. p. 1077. Senec.Epilî.L. VI. vers. 724. VI. Arriau in Epict, L. III. c. 13.