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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE LA CREATION DU MONDE, IntroduBm. Z9.

& comme la semence est contenue dans la Plante, ainsi Dieu qui est la Rai-son Séminale du Monde, (filon peuts’exprimerainsi) laisse dans l’humiditéune semence capable de produire la génération de toutes les choses qui doi-vent être produites. Les parties les plus grossières de cette matièreaqueuse tombant ati fond, ont formé la Terre, d’autres plus déliéesl’Àir , & enfin d’autres plus subtiles encore le Feu. Les quatre Fie-nt en s étant ainsi engendrés, de leur mélange font venus les Plantes,les Animaux ( a), &c.

Ces notions des Stoïciens s’accordent parfaitement avec la doctrine qu’on Cettedit être universellement répandue parmi les Pandits ( b ), qui sont des voâàIndiens idolâtres : doctrine qui au fond est la même que celle de F!u d , f^oïn-

& que Gassendi a pris la peine de réfuter. Ceux dont nous parlons, pré- pare ' e ave êtendent que Dieu ,oul’Etre suprême,, immobile & immuable, a non feu- celle deslement formé les Ames des Créatures de fa propre substance, mais auíïì toutcequ’il y a de matériel dans l’Univers; & que cette production n’a pas étéfaite simplement à la manière des Causes efficientes, mais par une extrac-tion ou extension actuelle de laNature Divine, ce qui est proprement Créa-tion, comme la Destruction n’est autre chose que le retour des choses dansìa Substance Divine dont elles étoient sorties: penféequ’ils tâchent d’éclair ;cir par le Symbole suivant. Ils feignent q u'une Araignée d’une immensegrandeur a été la prémièreCausede toutes Choses; que cette Araignée, ti-rant la matière de son propre sein, avoit fait avec un art admirable la toilede cet Univers; qu’affise au centre de son ouvrage, elle dirige le mouve-ment de chaque partie; jusqu’à ceau’enfin, après s’être phi suffisammentdans l’arrangement & dans la contemplation de cette toile, elle en retiretous les fils dans son sein, ce qui fait évanouir & rentrer toutes les Créa-tures dans une espèce de néant (c'). Une autre comparaison dont ils se ser-vent, est que Dieu ressemble à un Océan immense, où nagent plusieurs-Bouteilles pleines d’eau ; que ces Bouteilles, de quelque côté qu’elles so-ient portées, font toujours dans le même Océan & dans la même eau, &que quand elles viennent à se casser, seau dont elles etoient pleines re-tourne dans cet Océan dont elle faifoit portion (d). ^ Mais cette dernière-comparaison n’est rien moins qu’exacte ; car la matière des Bouteilles estune seconde substance, qui par son interposition sépare de 1 Océan seaucontenue dans ces Bouteilles: &s’il y avoit quelque chose de pareil à cequ’on nomme Ame du Monde, cette Ame seroit répandue dans toutes lesparties de l’Univers, & rien ne pourroit empêcher l’unionde chaque Ameparticulière avec l’Ame universelle.

11 y a aufli une Secte parmi les Chinois , que ne reconnoit d’autre Dieu Des CUhque laNature, entendant par—là cette Puissance naturelle, qui étant la Cau- nois i ^

(d) Diog. Laërt. in Zenon, ubi fuptvp. 4'0,454. Stobíei Ed. Phyf. c . 20.

(b) Nous prenons ce mot pour le mot Wla-layen Pandit , PÛ signifie uu Homme deLct*ires..

(c) Dernier. Suite dès Mémoires fur '['Em-pire du Grand Mogol, p. 202. &c. Burnecin Append. ad Archœol. p, 354, Kireher.China Illust.. p. r;

(fi); Dernier, ibid.