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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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4 o HISTOIRE UNIVERSELLE,se efficiente du Mouvement & du Repos, produit, maintient, & conservetoutes choses. Cette Nature est, suivant eux, l’Ame qui arrange toute lamatière ,& ils l’appellent un Principe indépendant de tous les autres; maiscomme ilséloignent de ce principe tout ce qu’il y a d’imparfaid dans la ma-tière, ils diffèrent un peu en ce point des Stoïciens ; quoique ceux de cet-te Secte croyent que le Monde a eu un commencement & aura une fin,mais ensuite recommencera & finira encore de nouveau, & ainsi de suite.Ce qui montre que, suivant cette Opinion, plusieurs Mondes ont déjà existé,«Stqu’une infinité d’autres auront tour à tour le même privilège (a).

Sont re- Mais l’Opinion la plus communément embrassée aujourd’hui parles C/ff-pris d’A- noìs, & dans laquelle consiste l’Athéisme dont ils sont si généralement infec-théifme, tés, aproche plus de la Doctrine des Stoïciens , quoiqu’il y aitd’ailleurs desdifférences considérables dans les deux Systèmes. Cette Opinion est,Que Dieu est l’Ame matérielle du Monde entier, ou plutôt seulement desCieux qui en font la plus excellente partie que fa Providence & fa Puis-sance sont limitées, quoique beaucoup supérieures au pouvoir & à la pru-dence des Hommes. Qu’il y a différons Esprits dans les quatre Parties duMonde, dans le Soleil, les Etoiles, les Montagnes, les Rivières, les Plan-tes , les Villes, les Maisons, en un mot, dans toutes choses : Esprits, parmilesquels il y en a deméchans, & auxquels ils imputent tous les maux quinous arrivent dans la vie. En répandant ainsi des Esprits dans toute la Na-ture, ils ont une merveilleuse facilité à expliquer tous les effets qui nousfrappent,& suppléent par-là ce qu’ils ont ôté à la toute-puissance de Dieu.Ils supposentà-la-vérité que Dieu, qu’ils nomment l’Ame des Cieux, agitfur la Nature avec une prudence & une puissance infinementplus grandesque celles des hommes; mais ils reconnoíssent en même tems dans l’Amede chaque autre chose un pouvoir interne, naturellement indépendant decelui des Cieux, & qui agit même quelquefois d’une manière opposée auxdesseins de l’Ame du Ciel. Tellement que, suivant eux, le Ciel gouver-ne la Nature, comme un Roi puissant gouverne ses Sujets; que les autresAmes lui obéissent, quoique la plupart du tems par force; & que mêmeil s’en trouve par-ci par-là qui refusent absolument d’obéir (b).

Partie, de Cette dernière Opinion est entièrement différente d’une autre, qui ala Secte ^té suivie par une Secte de la même Nation, & établie par Autorité Roya-de Foe. p^ n à J. C. LXV. L'Inventeur de cette Opinion étoit Fils du Roi Infan vang, qui eût d’abord le nom de She, on She Kia (c) ;& ensuite, quandil fut arrivé à sage de trente ans, celui de Foe , c’est-à-dire point Homme ( d).La Doctrine secrette de cette Secte (à laquelle le Peuple n’est jamais ini-tié)

(<») Description de la Chine, à la fin desVoyages d’Ides, p. 17 r, 172.

< b ) La Loubère Description de Siam, T. I.p. 396 . &c.

(e) D’autres Auteurs, suivant la mair'êrede prononcer des Portugais, écrivent Xe ,ouXe Fia ; mais notre intention est dans tout cec

O uvrage, d’aprocher l’orthographe des motsChinois ou Jtiponnois, autant qu’il fera pos-sible , de la prononcation Angtoife, comme nousle dirons plus amplement dans notre Préface.

00 Act. Erudit. Lipsiíe >688. p. 257.Extrait, de la Philos, de Coufucius, Paris 1687.