DE LA CREATION DU MONDE. IntMkn. 43Ainsi, suivant Porphyre, par la Dyade Pythagorique 11 ne faut pas tant en-tendre la Matière, que rassujettissement des choses à différentes impressions■& au changement ; par où il paroit que la Monade & la Dyade de Pylha -gore n’ont peut-être été autre chose que le Fini &!’Infini de Platon (a); laMonade étant seule une substance primitive & simple, cause de toute uni-té , & mesure de toutes choses (b).
Cependant, si par la Dyade de Pythagore il faut entendre une Substancematérielle, il y a de bonnes raisons de croire, qu’il n’a pas supposé que laMatière fût un Etre existant par lui-même & indépendant de Dieu ; puis-que, suivant les meilleurs & les plus anciens Ecrivains, fa Dyade n’étoitpas un Etre primitif, mais dérivé de la Monade , qui étoit feule la source& l’origine de toutes choses (c). Car quoiqu ’Ocellus , Lucanus , Philolaiis(á), & quelques autres Pythagoriciens ayent cru l’éternité du Monde, Py-thagore lui-même en attrtbuoit la création à Dieu (e): ce qui est confir-mé par la raison qu’il rendoit de son abstinence superstitieuse de manger desfèves. Cette raison étoit, qu’au commencement les choses étant mêlées &putréfiées ensemble dans la Terre, cette putréfaction avoit produit avec lerems des hommes & des'fèves (/). Mais il paroit bien plus clairementencore par les Vers que Jufiin (g) cite comme étant de lui, qu’il a recon-nu Dieu comme Créateur du Monde. Nous nous contenterons d’ajoutericile témoignage de St. Cyrille , qui assure que Pythagore croyoit, que dansl’Qnivers il n’y a qu’un seul Dieu, principe & cause de toutes choies ; quiillumine & vivifie tout ; qui est l’origine du mouvement ; & à qui tous lesEtres ont obligation de leur existence ( h ).
Mais il semble que Pythagore n’a pas seulement appelle le Dieu suprêmeune Monade , mais aussi une Tétrade , nom dont l’explication n’a pas mé-diocrement embarassé les Savans (r). Cette Tétrade est appellée dans lesVers Dorés^ fontaine de la Nature éternelle (6); & par Hiéroclès, leCréateur de toutes choses, le Dieu intelligent, la Cause du Dieu céleste &sensible, c’est-à-dire, des Cieux (l). Les Pythagoriciens modernes tâchentd’expliquer le nom, dont il s’agit, par le moyen des mystères contenusdans le nombre de quatre (m) ; mais une conjecture faite par quelques Sa-vans modernes (n) nous semble beaucoup plus probable, savoir, que cenom n’étoit autre chose que le Tetragammaton , ou le Nom propre du Dietisuprême parmi les Hébreux , qui subsistoit en quatre lettres (0); & il n’y a
(<») Ou plutôt déterminé & indéterminé,»£f«s xcct aireíficf. PlatO ill Philebo.
(D Cudw. Intel!. Syst. p. 372.
ÒO Alexand. de SucceslT. Philos apud Diog.Laërt. i„ Pychagora, p. 507. Ilermias in Irri-tions Philosoph. Gent. Theodoric. Therap. II,Thearidas Pythagoreus apud Clement, Alex.Strom. V. p. 6n. & j„ Admonit. ad Gentesp. 47 * Suidas in voee Pythagoras.
(d) Cudw. ubi tiip. p . 393<
[f) Plutar. de Placit. Pnii. L. II. c, 4.
(/) Porphyr. de Vita Pythagoraî.
(g) Justin. de Monarchia, P- 167.
(h) Cyrill. com. Julian. L. I -1
(í) Burn. Archteol. L. I. p- I 54 - I 57 *
(k) Pythag. vers. 47. 48.
(l) Ilìerocles in Aur. Carm.
(m) Cudw. Syst. Intell. p. 376.
(«) Picus Mjrand. Selden & Gotef. Werj.delin. ut & Philo iu Vita Mosis, pag. 51 y.
(o) Cudw. ubi sup. St Dacier, Vie de Py-thagore, p. 57.