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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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44 HISTOIRE UNIVERSELLE.

pas lieu de e’étonner que P ythagore connût si bien le nom de Jéhovah ,puisque, sans compter ses voyages dans les autres Parties de YOrient , Jo-sèphe , Porphyre , & d’autres, affirment qu’il a conversé avec les Hébreux.Ce qu’il y avoit.de plus mauvais dans la Théologie de Pythagore , étoit, quereprésentant Dieu comme le Moteur de l’Univers, & comme l’Ame duMonde, il enseignoit que nos Ames étoient des portions de la Substan-ce Divine (a).

Pythagore a tenu les Nombres pour Principe de toutes choses; voiciquel étoit son sentiment sur ce sujer. 11 supposoit que la Monade & laDyade étoient les deux sources des Nombres ; que les Nombres formoientdes points, les points des lignes, les lignes des superficies, & les superfi-cies des corps, qui étoient composés de quatre Elémens, Je Feu, l’Eau,Ja Terre & l’Air; que ces Elémens font dans un changement perpétuel;que d’eux avoit été formé le Monde, qui est quelque chose d’animé,d’intelligent, & de sphérique, au centre duquel est un Globe peupléd’Animaux, que nous nommons notre Terre (b). 11 enseignoit que leMonde avoit tiré sa première origine du Feu & d’un cinquième Elément;& que comme il y a cinq Corps solides, qu’on nomme mathématiques ouréguliers, la Terre avoit été formée du cube, le Feudu tétrahèdre, l’Airde l’octahèdre, l’Eau de l’icosahèdre, & la Sphère de l’Univers du dodé-cahèdre (c).

Cette maniéré de philosopher, qui a aussi été adoptée par Platon, prisedans le sens littéral, n’a pas le moindre fondement dans la Nature ; puis-qu’il est certain que, de quelque façon qu’on combine des nombres, iln’en résultera jamais autre chose que des nombres (d). C’est pourquoi il estplus probable, que Pythagore n’a employé les nombres, que comme des em-blèmes ou des symboles : car supposant que les Connoissances Mathématiquestiennent une espèce de milieu entre les Etres matériels & immatériels, iltâcha d’expliquer la Cosmogonie par des idées de ce genre, affn de détacherinsensiblement ses disciples de la contemplation des choses sensibles, & deles élever à celle des choses qu’on n’apperçoit que par le pur entendement.Voilà pourquoi il a principalement employé les nombres, ne se trouvantpas capable de bien désigner par d’autres termes les prémiers principes (s):&c’étoit-là, à ce qu’il nous paroit, tout le dessein de Pythagore , quoiqueses Sectateurs ay en t cherché dans fa Doctrine des mystères auxquels lui-même n’a jamais songé. Cependant on ne sauróit nier, que le grand dé-faut de ce Philosophe, auffi-bien que Platon , n’ait été qu’ils changeoientles Choses Naturelles en Raisons Mathématiques, en Nombres, & en Pro-portions , comme Aristote fit ensuite en Raisons Dialectiques.

La Monade i la Dyade , à la Tétrade } font des choses donc nous avons déjà

„ _ ^ » t Ti/t;,,,,. Mais la cinquième figure, suivant Clavius &

00 Cicero de Nat. Deor. L. - - naelques autres, a été ajoutée par quelques

Félix p. 151 - Lactanc. L.I. c. 5. Sectateurs de Platon.

(?) w Voce Pythagoras. Diog. S ^ âàol. L. I. p. 158.

SuScbfdePlac.tís m U U. c. 6. (-) và. Vie de Pythagore, p. 55 -