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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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46 HISTOIRE UNIVERSELLE.

Matière (a): qu’avant la Création du Monde, il y avoit, par devers Dieu, 'l’idée ou la forme, & la matière, qui n’avoit pas encore été mise en œu-vre ; la première de ces choses étant l’exemplaire de tout, & la seconde lesujet; que n’ayant point de figure, quoique sulceptible de toutes, elleavoitreçu de Dieu la forme que nous lui voyons. II ajoutoit que ce Mondeétant une production de Dieu, ne pouvoit être détruit que par Dieu lui-même, quand il le trouveroit à propos (b): par où il paroi t que Timêesemble avoir admis réellement deux principes subordonnés, la Matière &Et d 'Ar- Ja Forme ; en quoi Archytas de Tarente, qui étoit aussi Pythagoricien , s’ac-chyias de corde avec lui, supposant que Dieu est s Artisan & le Moteur ; la Matière,Tarente. ce q U j est mu ; & la Forme, l’Art introduit dans la Matière ( c ) : ce qui étoitaussi le sentiment de Platon. Nous saisons d’autant plus volontiers mentiondans cet endroit du sentiment à'Jrchitas , que Cenforin lui impute d’avoircru l’éternité (d) du Genre-humain, & l’associe à cet égard avec Pythagore& Ocellus Lucanus.

Opinion Platon , qui aussi bien que son Maître Socrate, avoit embrassé les senti,ds Platon .mens de Pythagore surl'Origine del’Univers, admettoít les trois Principesdont nous venons de parler, Dieu, la Matière, & l’idée (e) ; que Laërccréduit à deux. Dieu & la Matière (/), les idées ou les modèles originauxdes choses, conçus dans l’Intelligence Divine, n’étant au fond autre choseque cette Intelligence même, comme on peut le voir dans Timée & dansd’autres Platoniciens (g). II semble par conséquent cenain que Platon asupposé la Matière incréée & éternelle; supposition qu’on trouve dansplus d’un endroit de ses Ecrits. Mais il a été défendu à cet égard par Hié-rodés ( h ), qui étant luhmême terrassé par les argumens du Parti opposé,n’étoit pas fâché, pour l'honneur de fa Secte, qu’on crût que celui qui enétoit le Fondateur, avoit reconnu Dieu comme Créateur du Monde par unsimple acte de volonté ; & qui à cause de cela soutenoit que Platon avoitadmis une Création proprement dite. Cette thèse d ’Hiérodès est certaine**ment quelque chose de singulier (r) ; & cependant quelques Modernesfont suivi en ce point, supposant que quand Platon a affirmé que la Ma-tière étoit éternelle, il n’a pas pensé qu’elle avoit subsisté visiblement de tou-te éternité, mais feulement quelle avoit existé intellectuellement dans 1 e-ternelle idée de Dieu (k). Et Ion a cité plusieurs passages des Ouvragesde ce Philosophe (/) » qui pourroient donne? lieu de soupçonner qu’il a

(a) Mer. Casaub. ap. Diog. Laërt. iii ViraPlat. p. 207.

(b') Timanis de Anima Mundi p. 543. & c .Sunleii Hist. Philos. P. IX. p. 419. 420.

(?) Stobaû Eclog. Fbys.

(d) Censorinus de Die Natali, c. 3 • oùdans les Editions ordinaires il y a, aa-Iieudu nom ffOccllus , celui de Cereius.

(e) Plutarch. de Piac. Phil. L. I. C. 3-Cbalcidius in Tim«um. Apuleius de Doct*riatonis, L. 1.

(/) Diog. Laërt. in Platon, p, 206. 212.&c.

(§) Menag. in Laërt. p. 163. & Mer.Ca-saubon. íneundem, foco jam citato.

(h) Hierocl. apud Photium, Biblioth. Cod.CCLI. p. 1380.

(0 Bayle, Dict. Hist. Art. Hiéroclès Phil.(D Dacìer', Vie de Platon p. 123. &c.(/) ibid. & Cudw. InteU. Sysl. p. 404.Z70. &c.