DE LA CREATION DU MONDE, Introduïïion. 47
réellement cru que Dieu a créé ou produit la Matière, & qu’il en avoirformé le Monde, si en d’autres endroits il n’avoit pas si clairement avan-cé le contraire. Une autre opinion, que Plutarque impute à Platon , est,qu’il admettoit deux Principes inteliigens & indépendans, l’un bon, &i’autre mauvais. Mais c’est de quoi nous aurons occasion de parler dansla fuite.
A l’égard de la formation du Monde, Platon enseignoit que la Matièren’ayant au commencement aucunesigure déterminée, & étant mue d’unemanière irrégulière, Dieu, qui préfère Tordre à la confusion, l’avoit ras-semblée, & que convertissant cette Substance en quatre Elémens, il avoitfait de ces Elémens le Monde, & toutes les choses qui y font, & cela con-formément au modèle qu’il en avoit en lui-même; qu’il avoit donné auMonde une Figure sphérique, comme étant la plus parfaite; & une Ameintelligente, parce qu’un Etre inanimé n’est pas auffi excellent qu’unEtreanimé. Au reste, Platon suppose que cette ame a été formée avant le corpsmatériel auquelelle a été unie (s). 11 affirmait auffi que le Mande était
incorruptible, non pas par fa nature, mais à cause que la Providence Di-vine veilloit à fa conservation (b): & il croyait non seulement que T Uni-vers lui-mêmeétoit animé, mais aussi les différentes parties de la Nature ,qu’il dìfoit être des Dieux, inférieurs à-la-vérité au Dieu suprême, mais su-périeurs aux Hommes, & dignes d’être honorés d’eux. Ces Dieux de Platonétalent la plupart ignées, étant des Corps célestes , quoi qu’il supposât quela Terre étoit aussi un Dieu, & même le plus ancien qui fût fous le Ciel(t); & c’est pour cette raison qu’il blâmait la doctrine á'Anaxagore, quine faifoit des Planètes & des Etoiles, que des Terres inanimées ( d )..
Anaxagore , auffi fameux par fa naissance & par ses richesses, que par Opráfo®k beauté de fan génie (f), admettoit incontestablement deux Principes co- iï/biaxa*éternels, Dieu & là Matière, étant le prémiér^au moins des Philosophes S ore -Ioniens) qui, comme nous savons remarqué, ait supposé que le Cíiaosf aété mis en ordre par un Etre intelligent :i ce qui lui a fait obtenir le nomhonorable de Nous, qui en Gra;: signifie un Esprit (f).. Iladmettoit.autarttde sortes de Principes, qu’il y a de Corps composés; car il fuppofoit'quechaque genre de Corps étoit formé d’un grand nombre de petites particu-les similaires.; qu’un Os, par exemple, n’étoit autre chose qu’une compa-sitìon-de plusieurs os invisibles; & que le Sang que nous voyons, étoit com*posé de plusieurs, petites goûtes dont chacune étoit du sang (§). Mais parmalheur il étoit par cela - même obligé de reconnoître, que les Semences;ou Principes de toutes les sortes se trouvent dans chaque Corps : ce qui metun étrange désordre dans íòn Système; pour ne rien dire à présent
CffXjkjogèn. Láèìt. ïn Platon, p. 204.&C.ÏPIíUO, m Titaseo, de lù Philos." de St'at>-ley„k> î p. x 8 <St & Burnet ArdíaîôL L.i p. 17&
(/;). Plut. de Plac. Philos- L. I: e. 4. '
ífj; Dîog. Laërt. irr Platon, p. &jï».d& Legib. L. L.
(VÌDióg.,Laërt. m Anaxag, p* 8D. C/i I4em ibid. Plût. in Pericle:
Cg> Lucfet. de’.ìtei'. Nâr. L- l. v. às»&c. Plut- dé Plac: PÌilos. L. I. c; z. Diog,.Laërt. .i* Anaxa&vps&î» Aïiíb-Pbjsiri.lL- &■K. 4 -