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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Opiniond’ Arché<-laih.

Opinion

à'Einpé-

ílacle.

48 HISTOIRE UNIVERSELLE,

des autres contradictions-qui s’y trouvent (a), Par rapport à la forma»tion du Monde, fa Doctrine semble avoir été, que l’intelligence qui aprésidé à cette formation, & qu’il reconnoit être Je Principe du Mouve-ment (à), trouvant dans la matière infinie un nombre prodigieux de par-ticules semblables l’une à l’autre, mais confusément mêlées ensemble, lesavoit séparées les unes des autres ; & que joignant ensemble les corpus-cules de la même forte, elle avoit formé de quelques-unes une Etoile, dequelques autres une Pierre, &c. Malgré cela, il a eu des Censeurs quil’ont fortement repris d’avoir trop donné à la Nécessité matérielle, &d’a-voir toujours mieux aimé tirer l’explication des choses des qualités inhé-rentes de la Matière, que de l’intervéntion de la Divinité, à laquelle iln’a jamais recours que lorsqu’il ne peut absolutement pas se tirer d’affai-re autrement (c), & sans l’influence, ou la connoissance de qui il admetcertaines révolutions dans la Nature (d). Pour ce qui regarde la forma-tion des Animaux, il enseignoit qu’ils étoient venus de la Terre, ayantd’abord été engendrés d’humidité & de chaleur, & ensuite par l’uniondes deux Sexes (e).

Jrchèlaùs, Successeur' d’Anaxagore, a été probablement dans les mêmesidées que son Maître, touchant un nombre infini de particules similaires,comme le témoignent Simplicius & St. Augustin f/); quoique d’autres (g)attestent qu’il suppofoit qu’un Air infini, qui devenoit feu par la raréfac-tion, 1 & eau par la condensation, étoit le Principe de toutes choses. II en-Teignoit aussi que les Hommes & les Animaux avoient été produits par lachaleur de la Terre', qui leur avoit fourni d’abord pour nourriture unesubstance visqueuse assez semblable à du lait (h).

Empèdocle, qui avoit été Auditeur de Pythagore & S Anaxagore , a suivila Physiologie du dernier;. II admettoit deux Causes de toutes choses, laHaine & l’Amitié, entendant par-là la séparation & le mélange de la.Matière primitive, dont les Elémens ont été formés, & dont toutes cho-ses qui ont été, qui font, ou qui seront à l’avenir, Plantes, Animaux,Hommes & Dieux, rirent leur origine (r): il suppofoit néanmoins que laHaine & l’Amitié dépendoient l’une& l’autre d’un Dieu suprême, com-me de leur Auteur (k). Car il semble qaEmpédocle ait cru, que s'il n’yavoit point de discorde dans l’Univers, toutes choses seroient une j si bienque, suivant lui, toutes choses venoient d’un mélange de discorde & d’arni-tié, à l’exception de Dieu seul, qui n’a rien de discordant en lui-même,

étant

(a) Bayle, Dich.Hîst. A«ie. Anaxagoras,

Rem. C. G.

(/-) Diog. Laërc. iu Anaxagor.p. 84.

(c) Arist., Metaph, L. I. c. 4.

(d) Clemënt. Alex.' Sífom. L. II., p. 564.Euteb. de Prœpar. Evang. L. XIV. p. 750.

00 Diog. Laërc. in Anaxagor. p. 85.

(f) August. de Civit. Dei, L. VIII. C. 2.Simplic. in Arist. Physic. L. I. Clemens Alex.in Protrept. p. 43.

(g) Plut. de Placit. Philos. L. I. c. Z. Just,Marc. Admonitio ad Grcecos, p. 4.

(b) Diogen. Laërc. in Archel. p. 8p.

(/) Idem in Empedoc. p. 538. Cicero deAmicitîa. Clemens Alex. in Admonit. adGentes. Arist. Physic. L. VIII. Suidas inVoeeManès, &c.

(k) Aristot. in Metaph. L. III. c. 4. &de Mundo, p. 6.