DE LA CREATION DU MONDE, IntroduBm. 49
étant essentiellement unité (a). 11 en seignoit que les Elémens étoient com-
posés de corpuscules infinement petits, & que les corpuscules étoient,pour ainli dire, les Elémens des Elémens (b). Conformément aux autres Ato-mistes, il ne reconnoissoit, ni génération, ni corruption, proprementainfi dites, mais il attribuoit tout à la sécrétion & à la concrétion (c). VoiciTordre où il s’imaginoit que les Elémens avoient été produits : prémière-ment l’ALther. ensuite le Feu, puis la Terre, de laquelle, trop presséepar la violence de la circonvolution, sortit l’Eau, dont 1 évaporation pro-duisit T Air. II croyoit de plus que les Cieux étoient faits de l’fEther, leSoleil du feu , & les choses qui font aux environs de la terre des autresElémens (d): ce qui montre que la Physiologie à'Empédock étoít au fondla même que celle de Démocrite & d’É/àre ; le prémier de ces Philosophesne différant des deux autres, qu’en ce 'qu’il rejettoit le Vuide & les Cor-puscules indivisibles, mais principalement en ce qu’il admettoitun Princi-pe intelligent, par la sagesse de qui le Monde avoir été mis dans Tordre leplus convenable au bien du fout. II faut avouer pourtant, qu'il a quelque-fois trop donné dans le méchanisme fortuit, particulièrement à l’égard dela structure des Animaux (e). Nous ne ferons plus qu’une remarque furson sujet, c’est que suivant la Doctrine Pythagoricienne , il admettoitdeuxMondes, Tun intellectuel, &l’autre sensible, dont le prémier est le mo-dèle ou l’archétype de Tautre (/).
Que Plutarque a cru leternité de la Matière, c’est une chose incontes- Opiniontable , puifqu’il affirme expressément que la Substance, ou la Matière, de riutar-dontleMondeaété formé, n’a jamais été faite, mais a toujours été fourni- & dcse à T Artisan, & prête à être disposée de la manière qu’il trouve à propos. t,Ivers au *Car, dans son opinion, la formation du Monde n'en étoit pas la productionfaite de rien, mais étoit, à proprement parler, une espèce d’assranchissementd’unétat déréglé & mauvais , à peu près comme loríqu’on fait une maisond’un monceau confus de morceaux de bois & de pierre (g), &c.
C’est une chose certaine aussi , <\\jl Hermogène , & d’autres soi-disantChrétiens, ont soutenu Texistence de la Matière par elle-même, sentimentqui les a communément fait désigner par le nom de Matériariens ; tâchantpar ce moyen de rendre raison (comme les Stoïciens avoient fait avant eux)de T origine des Maux , & de décharger Dieu à cet égard de toute impu-tation odieuse. Voici comme ilsraisonnoient. Dieu a fait toutes choses, oude lui-même, ou de rien , oud’une matière préexistante. II n’a pas pu fairetoutes choses de lui-même, parceqssayant toujours été lui-même incréé, iln’auroit réellement fait rien; il n’a non plus pu faire tout de rien, parcequ’é-tant essentiellement bon, il auroit fait chaque chose de la meilleure manièrepossible, ce qui auroit fait qu’il n’y auroit point eu de mal dans le Monde. Or
(«) Cudw. Intel!. Syst. p. 392.
Q>) Plutnrch. de Plac. Phil. h. I. C. r Z.Stobteus m Eclog. Phyfìc.
( C ) Plut. ubi supra. L. I. c . 2,1. & ZO.
(,/) Idem ibidem, L. II. c . 6.lomé i.
(c) Cudw. p. 24. 25.
(/) Simplic. in Pbysic. Arist. Vid, Plutarch.ubi íup. L. I. c. 20.
(g) Plmarcb.de Psychog. Platon, p. 1014,10x5. &c.
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