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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE LA CREATION DU MONDE, Introduction. 51losophe parle d’un appétit nécessaire & inné, qui peut quelquefois fairetourner les Cieux dans un sens opposé, & par-là causer du désordre & de laconfusion (a); 2. parce qu’il parle de deux sortes d'Ames, dont les unesfont bienfaisantes & les autres malfaisantes; & 3. enfin, parce q u'il sup-pose qu’avantque le Monde fût fait, la Matière a eu un mouvement i-rré-gulier, mouvement qui ne peut s’expliquer que par la supposition d’unPrincipe mauvais & déraisonnable, la Matière étant incapable de fe mou-voir elle-même. Mais on a remarqué fur laprémière de ces citations, quePlaton , comme pour prévenir une pareille interprétation de fa pensée,ajoute qu’il ne faut . pas supposer qu’il y ait deux Dieux de volonté opposée,dont l’un tourne les Cieux d’unemanière, & l’autre d’unefaçon contraire.

Ce qui peut aussi servir de réponse à ce que Plutarque dit ensuite, que Pla-ton a admis deux Ames, l’une bonne & l’autre mauvaise, parce que ceseroit précisément la même chose que s'il avoir admis deux Dieux : Ja pen-sée de Platon, dans l’endroit dont il s’agit, étant seulement de distribuerles Ames en général en deux Classes, dont l’une comprit les bonnes, & l'au-tre les mauvaises ( b ). Mais quand il vient ensuite à rechercher la nature del’Ame du Monde ou des Cieux, il conclut positivement, que c’étoit uneAme douée de toutes les vertus (c). Pour ce qui regarde la dernière raison,savoir, que Platon a supposé un.mouvement irrégulier dans la Matière, ily a apparence qu’en cela il n’a fait que suivre la Tradition ordinaire, quele Monde avoit été formé d’un Chaos, ou d’une Matière, qui, après avoirété mue fans ordre, avoit après cela été assujettie à un mouvement symé-trique & régulier (d). Et par rapport à l’Origine du Mal, Platon n’estpascensé savoir imputée à Dieu, ni dérivée de la rébellion de la Matière, oudu caractère malfaisant d’un mauvais Génie, mais de l’imperfection origi-nelle des Etres ■*((?).

II est vrai néanmoins que quelques Chrétiens contradictoires, comme lesMarcionitss , les Manichéens & les Pauliciens, ont réellement admis deuxDieux existans par eux-mêmes, l’un bon & l’autre mauvais, le dernier,defquels Manès a appellé Hyle ou la Matière (/).

Ayant ainsi examiné la seconde des Opinions fous lesquelles nous com- L’Opïnionprenons les différentes notions qu’on a formées touchant l’Origine de l’U- deceuxquinivers, nous passons à la dernière, & la feule véritable, savoir, que je ^ ueMonde a eu'un commencement, ayant été tiré du néant par la Divinité,d'où i! fuit que par sa propre nature il est sujet à la dissolution. , créé, &

Outre quelques-uns de ces Philosophes dont nous avons fait mention, & qu’il étoirqui suivant toutes les apparences ont cru la Création, quoiqu’on les ait^i et . àdií *soupçonnés d’avoir eu des opinions contraires, il y a eu un grand nombre ° ut,on *de Payens , qui ont incontestablement admis une pareille Création. Nouscommencerons ce Catalogue par les anciens Toscans ou Eiruriens , dont caHSt 0 ’

f (a) Plato in Polîtic.

L (i) Idem deLegibus, L. X.

(V) Idem ibid.

(il) Cudworth. Intellect. Syst. p. 218. &c.

Bayle, Dict.Hist. Art. Zoroaslre , Remarq. E.(S) CudW. p. 220.

(f) August. contr. Faust. L. XX. c. 3.

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