HISTOIRE UNIVERSELLE.
les sentimens fur ce sujet nous ont été conservés par an de leurs Ecrivains'.'II dit que Dieu,. Auteur de l’Univers, devoit employer douze mille ansdans toutes ses Créations, Que pendant les premiers mille ans, il avoit saitles Cieux & la Terre; ensuite le Firmament que nous voyons; puis la Mer& toutes les Eaux qui font fur la Terre; après cela le Soleil, la Lune, &les Etoiles; puis les Volatiles, les Poissons, les Reptiles, & les Animaux,à quatre piés; ensuite ['Homme : employant mille ans à chacun de cesdifférens ouvrages. Par où il paroit que, suivant eux, six mille ans se sontécoulés avant la formation de l’Homme, & que le Genre-humain doit subsi-ster pendant les six mille autres; tout le tems que l’Univers durera, étantrenfermé dans l’espace de douze mille ans (a). Car ils croient le Mondesujet à certaines révolutions, par lesquelles commençoit une nouvelleGénération. Ces Générations étoient en tout, suivant eux, au nombre dehuit, différentes l’une de l’autre en coutumes & en manières de vivre fchacune ayant une durée d’un certain nombre d’années qui lui étoit assignéepar Dieu , & déterminée par le période qu’ils nommoient la grande année .L’aproche d’une pareille révolution dans le Monde, avoit été prédite parles Devins Toscans , à l’occasion d’un prodige qui arriva du tems de C. Ma-nus'. ce prodige consistoít en ce que Pair étant parfaitement serein, on en-tendit tout d’un coup un son lugubre de Trompette, qui effraya tous ceuxpar qui il fut ouï (V). Ce sont-là tous les restes que nous avons de i’anciennePhysiologie Etrurìenne, qtli sans doute mérìtoìt bien d’être connue, cetteNation s’écant particulièrement attachée à l’étude de la Nature (c). Outreceux dont nous avons déjà fait mention, qui croyoient ces sortes de révo-Et des lutions, les Druides enseignoient aussi la dissolution du Monde par seau &druides, par le feu, qui étoit suivie de son renouvellement, & cela toujours successi-vement (d). -. **
Opinion Les Mages, parmi les anciens Perses , reconnoissoient aussi que lè Mondeà Mages, a été créé de Dieu, & leurs Successeurs sont encore aujourdnui dans le mêmesentiment (e) ; mais ne sachant comment rendre raison de l’origine du mal,,ils admettoientdeux Principes, un bon Esprit ou Dieu, & un Esprit mau-vais ; le premier comme Origine de tout Bien, & l’autre comme Auteurdertout Mal: aussi représentoient-ils l’un par la lumière, &l’áutre par les ténè-bres (/). lis.nommoient le bon Principe, ou Dieu, Tezad ou Tezdan, ScOrmozd ou Hormiszda , dont les Grecs ont fait Oromazes ; & le mauvais* Ahârîman , ou Ahrîman , & les Grecs Arimanius (g). Comme nous avons
dessein de donner à son lieu un détail plus particulier de i’ancienne Reli-gion des Mages , & de leurs différentes Opinions, vraies ou supposées 9 ,nous nous contenterons d’observer ici, que quoiqu’une de leurs Sectes crut,,comme ont fait auffi les Manichéens , & quelques autres Hérétiques, queles-deux Principes étoient co-éternels, cette Secte passoit par-mi eux pour hété.-
O) Plutarch. i„ Sylla, p, 45^4(D 0 !od Sic. L. y. p. 3 à
(<a) Anoirym. apud Suid. invoce Tyrrhenit
Plnro,.k dr.,,. _ *
the Persees. pi 5 .
(O Lords Account of the Religion, of‘
Strabo. L. IV.
(/) Diogen. Laërt. in Proœm. p- 6.IÙ iiyde. de Reiig; Veter. Perlàr. «a K