DE LA CREATION DU MONDE, Introduction. 63grandes libertés, supposant que les Livres Sacrés ne doivent pas toujoursêtre entendus aussi littéralement, qu’on le croie d’ordinaire.' Car ayantattention au génie borné des Juifs , à la portée duquel ces Vérités Phi-sophiques n’étoiene pas ; à la très ancienne coutume de couvrir de gran-des vérités du voile des Paraboles, des Fables, & des Hiéroglyphes; au. stilede I’Ecriture end’autres endroits, stile fort différent de celui qu’on em-ployé à présent pour exprimer les mêmes choses ;& enfin au peu de succèsqu’ont eu tous les efforts qu’on a faits depuis plusieurs siècles pour accor-der le récit de Moyse avec des découvertes certaines qu’on a faites enPhilosophie sur le même sujet; toutes ces considérations ont engagé Mr.
Burnet à supposer, que les Ecrivains Sacrés, fidèles dans leur récit à l’é*gard des vérités générales & fondamentales, fe font énoncés à l’égard dureste d’une manière Mystique & Mythologique,plus convenableauxidéesqu’ils voûtaient exciter dans l’efprit de leurs Lecteurs, qu’à la réalité deschoses ( a ).
Mr. Winston y qui est l’autre Ecrivain que nous avons indiqué, non feu-Théorielement s’attacheplus scrupuleusement àl’EcmuRE,& évite dans son Hy- à Mr.pothèfe plusieurs difficultés qui fe trouvent dans fautre, mais s’appuyeauffi Wlli ston.fur des principes plus Philosophiques. 11 établit d’abord cette proposition,que la Création, telle qu’elle est racontée par Moyse , n’est pas un récitphilosophique de la nature des choses, mais une représentation historique& vraie de la manière dont notre Terre a été tirée d’un Chaos, & des chan-gemens successifs & visibles qui s’y font faits chaque jour, jufqu’à ce qu’elledevînt un séjour propre à être habité par le Genre-humain (b) : ce qu’ilprouve par les prémières paroles de Moyse , Au commencement Dieu créa lesCieux b ia Terre ; paroles qui démontrent clairement que l’Acte de tirerTUnivers du Néant, Acte que nous appelions ordinairement Création, avoicprécédé l’ouvrage des six jours ; l’Historien passant immédiatement après auChaos de notre Terre, & s’y bornant ensuite. II est vrai qu’il fait mentiondu Soleil & des autres Corps Célestes, pour accommoder son récit à laconception du Peuple, & le rendre complet; mais bien principalementpour munir les Juifs contre le culte de l’Arméedes Cieux (c). Mr. fVhîs.ton suppose donc, que le Soleil, la Lune, & les Etoiles, ayant été crééesauparavant, n’ont été rendues visibles à la Terre que le quatrième jour (d).
Que l’ancien Chaos, Origine de la Terre, étoìt l’Atmofphère d’une Co-mète (e), qui n’est autre chose qu’une Planète dans son état primitif, pla-cée dans une Orbite fort excentrique. Pour donner quelque force à cetteproposition, il tâche de montrer que l’Atmofphère d’une Comète a les dif-férentes propriétés qu’on attribue à l’ancien Chaos: qu’outre cela, un pa-reil Atmosphère a encore les autres propriétés jsatriculières qu’il faut pourexpliquer philosophiquement quelques Bhénomènos de notre Terre CL-
(a) Burnet Archseol. L. II. c. 8- CO Biicí. P» 4* &C.
{b) Whiston’s New Theory of the Earth. (à) Whiston ubi supr p 24. à.Bise. of the Mosaic Création, p. 3 „ (/) Whiflorís Theory B.. IL g;