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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE LA CREATION DU MONDE, Introduction. 6 S

terre, d’eau & d’air, confusément mêlées ensemble, & environnant cetAbîme. Voilà de quelle manière Mr. Whifton explique cet état d'obscu-rité dont parle Moyfe (a). -

Les choses étant dans cet état, la partie visible de l’ouvrage du prémierjour fut la production de la Lumière, ou, pour mieux dire, la communi-cation successive de la lumière à toutes les parties de la Terre ; & , ce qui enétoit une conséquence nécessaire, la distinction du Jour & de ia Nuit surnotre Globe. Cet ouvrage fut fait par la séparation du Chaos supérieur &élémentaire, composé de particules de terre, d’eau & d’air, én deux ré-gions un peu différentes, l une, un Orbe solide de terre, dans les pores delaquelle il y avoit une grande quantité d’eau,- l’autre, un Atmosphère (enprenant ce mot dans un sens particulier) ou plutôt une masse des particu-les terrestres les plus légères, avec le reste des particules d’eau & d'air unpeu confusément mêlées ensemble. Ainsi dans cette hypothèse, pendantce prémier jour ou première année de Création, les Corps les plus pesans oncpris leur place le plus proche de la surface du grand Abîme de toutes parts :les interstices qu’il y a eu entre ces corps, ont été remplis d’eau;& cet Elé-ment, proportionellement à fa quantité, a fait un orbe autour de ces corps,comme ces corps en avoient fait eux-mêmes un autour de l'Abîme. Pen-dant ce prémier jour aussi , les régions supérieures du Chaos, auparavantobscurcies par ces masses terrestres & opaques dont on vient de parler, ontcommencé à être tant soit peu éclairées par les rayons du Soleil, qui parson mouvement annuel a illuminé successivement les différentes parties dela Terre, & produit par cela même la succession alternative du Jour & dela Nuit (b).

La partie visible de l’ouvrage du second jour fut,quel’Air s'éleva avectoutes les vapeurs qui y étoienc contenues, & forma une Etendue audessusde la Terre. De là nâquit la séparation des Eaux supérieures d’avec lesEaux inférieures j les unes consistant en ces vapeurs élevées & soutenuesdans l’Air; & les autres dans ces particules humides qui se trouvoient ren-fermées dans les pores ou dans les entrailles de la Terre, ou qui en occu-poient la surface. La chaleur du Soleil, vers la fin du prémier jour, pé-nétrant déjà avec force les régions supérieures du Chaos, & les couches in-férieures de terre continuant à devenir plus compactes, les particules d’eaudévoient naturellement se retirer de plus en plus dans les cavités de la Ter-re , & f Atmosphère de fa part se dégager de plus en plus des corpuscu-les opaques qui interceptoient encore une portion considérable de lu-mière. Par où il paroic que cette Etendue ou Firmament, qui fut misce jour au dessus de la Terre, étoit indubitablement l’Air; que par JesEaux supérieures Moyfe a voulu désigner celles qui s’étoient élevées en for-me de vapeurs par huit ou dix mois de chaleur du Soleil, aidée de Ja cha-leur centrale de la Terre; & par les Eaux inférieures, celles qui étoient re-stées dans les entrailles ou fur la surface de notre Globe (c).

(a) Whiston’s Theory B. IV. p. 307, &c. (f) Ibid. p. Zl>, (c) Ibid, p. 317, &c.

Tome L I