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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Excès desRabbinsfur leurTaille.

Leur

Beauté.

B t leurEsprit.

74 histoire universelle.

On ne sauroit douter que le premier Couple n’ait été créé dans un étatadulte, qui les rendoic capable de faire d’abord usage de leurs facultés na-turelles : & il y a toutes les apparences du monde, qu’ils sortirent l’un Al’autre des mains de leur Créateur très parfaits de corps & d’efpric (a ),Gardons-nous pourtant de tomber fur ce sujet dans les excès ridicules où fefont jettes quelques Talmudistes, qui disent, que quand Adam fut créé, ilatteignoit d’un bout de la Terre jusqu’àl’autre; mais, qu’ayant péché,Dieuréduisit fa stature à cent aunes {b) : changement, que d’autres supposentavoir été fait à la réquisition des Anges, qui, effrayés de la taille gigan-tesque à'Adam, obtinrent de Dieu qu’il n’auroic plus que neuf cens cou-dées en hauteur (c); A il ne lui en falloir guères moins, s’il a passé laMer ( d ) qui féparoit le Paradis de notre Continent. Les Mahométans ontreçu ausst de leur Prophète une Tradition qui porte, qu’ Adam étoit aussihaut qu’un grand Palmier (e) ; mais il n’y auroit point eu de proportionentre une pareille hauteur , & la grandeur de ses piés dont l’empreinteprétendue qu’on montre fur le sommet d’une Montagne de file de Ceylan tqu’on a nommée à cause de cela Pic d’Adam, n’a en longueur qu’un peuplus de deux palmes : quoique d’un autre côté notre prémier Père auroitété beaucoup trop petit, si Eve étoit d’une aussi énorme taille qu’on ledit, & dont on allègue pour exemple, que quand elle reposoit sa tête furune colline près de la Mecque, fes genoux étoient appuyés dans la plainefur deux autres collines éloignées l’une de l’autre de deux fois la portéedu fusil (/). On dit que la beauté à'Eve a été si extraordinaire, que lePrince des Anges en devint amoureux, ce qui fut cause de fa chute(g).Et pour qu 'Adam ne dût rien en fait d’agrémens à fa femme, quelques-unsont imaginé que Dieu, lorfqu’ille forma, fe revêtit lui même d’un corpshumain d’une beauté magnifique, & fit ensuite celui à’Adam fur le mêmemodèle ; apparition, qui fut le prémier prélude de flncarnation (k). Mais,ce qu’il y a de plus étonnant dans tout ceci, c’est qu Adam, pendant queDieu le formoit, regardoit travailler son Créateur (r) Les talens de sonAme n’ont pas moins été exaltés, qu’on n’a fait fa taille & la beauté de sonCorps. Quelques Iiabhins (£) sc sont contentés de 1’égaler à Moyfe & àSalomon: d’autres ont dit qu’il étoit versé dans tous les Arts & dans tou-tes les Sciences; qu’il en íavoit plus le prémier jour de fa création, q u’au-cun autre n’en ( l) a jamais appris par l’expérience d’une longue vie; bienplus, qu'il surpassait les Anges mêmes en connoissances (jn) ; interpré-

0) Philon. J u d. de Mundi Opificio, p. (/) Les mots Latins font, Ctim fíhgercturA2. homo , manus filas divinasafpexit ,ambrofios~

CO Tfílmud. îiT Libr. Sanhedrim, que vultus illot, polchtrrima brachia corpus

00 Bartoloccii Biblioch. Rabbinic. Vol, I. suum smgcntia, fingubfque artus ducemicuP. 65, 66. Id. ibid.

(d) Barceplia in Tract, de Paradifo, e. 14. 00 Itivinî Serpent. Seduct. p. 5,0.

if) Yahya Comment, in Koran. (0 ^alian. Annal. T. I. p, top, 113.

(/) Monconis, Voyages, Part. 1. p. 372. &ç. (“) Es prétendent le prouver par le té.

(g) Bartolocc. ubi lu pr . p. 322 . moignage de Dieu même. Car, disent-ils,

(h) Eugubin. in Cosmopoeia apud Salian. les Anges ayant parlé de l’Homme avec mé.

Annal. T. I. p. 106. pris* lorsque Dieu. les eonfultoit touchant