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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Et selonles Phénicitas.

T)e l’AmeHumaine.

76 HISTOIRE UNIVERSELLE.

suc portée en Arabie , dans lin endroit entre h Mecque & Tayef, où ayantd’abord été paierie par les Anges , Dieu en forma ensuite une Figure hu-maine, qu’il laissa íecher pendant quarante jours, ou, comme disent d’au-tres, pendant autant d’années ; les Anges, en attendant, allant souvent visi-ter cette figure, & parmi eux Eblis (qui quelque tems après devint leDémon), Celui ci, non content de regarder, donna des coups depié à lafigure; & sachant que Dieu avoit résolu de rendre cette créature supé-rieure à lui, il prit secrettement la résolution de ne la Jamais reconnoîtrepour telle («).

Les deux prémiers Couples du Genre-humain , suivant la Tradition des' Phéniciens , furent engendrés par le Vent Col pi a s , A par fa Femme Baau ,nom qui signifie la nuit (/-); c’est-à dire, par un vent sourd agissant furune matière fans forme: le sens de cette tradition étant, qu’un vent, ren-fermé dans différentes cavités d’une matière qui n’étoit pas encore prépa-rée, en produisit les prémiers hommes; la matière ayant été le principepassif, & désignée à cause de cela par le symbole d’une Femme; au-lieuque le vent, qui étoit une cause active, a tenu lieu d’époux dans cetteprémière Génération (c).

On ne doutera point que T Ame humaine ne soit une Substance spirituelle,& indépendante de la matière qu’eile informe, si l’on considère la naturede ses Opérations, trop libres & trop spirituelles pour qu’on puisse lesregarder comme des accidens, ou les attribuer à la matière. On a pour-tant agité la question, si les Ames des Hommes leur viennent immédia-tement de Dieu, ou bien si elles sont dérivées, ex traduce , de leurs Pa-rens. La dernière de ces Opinions a été soutenue à l’égard de toutes lesautres Créatures capables de produire leurs semblables: doit il semble sui-vre qu’on peut dire la même chose des Hommes; fur-touc si l’on fait atten-tion , d’utt côté aux traits de ressemblance qu’il y a souvent entre les dispo-sitions de l’Ame des Enfans & celles des Auteurs de leur naissance; &del’autre, au peu d’apparenee qu’il y a que Dieu soit incessamment occupé àcréer des Ames, dès-que les deux Sexes font portés à satisfaire leur pas-sion. Cependant il n’est guères poíîìble, dans cette supposition, de biendéfendre l’immatérialité & l’immortalité de l’Ame; car si l’Ame tû propa-gée par génération, il faut suivant notre manière de concevoir,qu’elle soitmatérielle, & sujette a être détruite par la corruption (d): il est par con-séquent plus raisonnable de croire, que, quoique.Dieuait commis la forma-

(a) Khond Amir Jallalo’ddin. Comment,in Koran, &c. D’Herbelot, Biblioth. Orient.P- 55-

(G Sanchoniato apud Eufeb. de Praîp. E-v Mg. L. I. c. io, A f égard des mots Col-P’PP & Baau , Bochart croie .que le prémierestlemêmeque Col-pi-yah ,c’est à-dire ,lavoixde la boucha de Dieu : mais cela n’est pas appa-rents parce que c’est clairement le nom d’u ovent, dérivé du mot Grec iCà»z, quifl-

guide un endroit creux fans compter qu’il n’ya point en Hébreu une telle Phrase, la voixde la bouche, &c. De Baau, Bochart veutfaire Bout, qui, à ce qu’il dit, signifie la nuit %mais ii est plus vraisemblable que c’est leBohu de Moyje , comme le croyent Scali-ger & (Jrotius. Cumberland’s Remarks 011the Hist. ot Sanchoniatho, p. 207.

(c) Cumberl. ibid. p. 209.

A) Cudworth Intel!. Syst. p. 38-