DE LA CREATION DU MONDE, Introcluiïion. 77tìon de nos Corps a ux causes secondes, il a pourtant: réservé ia productionde nos Ames à lui-meme, qui est le Père des Esprits (o).
On a agité encore une autre question, savoir , fi les Ames de tous les g; Ies AmejHommes ont été créées à la fois, avec celle d 'Adam, chacune d’elles de- 0 nt étévant être unie au corps particulier qui lui feroit préparé dans la fuite; ou créées tou-bien, si elles font créées successivement, & à mesure que les corps qu’el-[ es eníe ™'les informent en ont besoin. Ceux des anciens Philosophes qui croioient uc "l’Ame une substance distincte du Corps, comme Pythagore , Empédoclc & lnem ,Platon , affirmoient que toutes les Ames dans l’Univers dévoient pré-exi-ster avant que d’étre unies à des Corps: idée qu’ils ne restreìgnoient pasaux Ames humaines, mais qu'ils etendoient à toutes les Ames, de quelquegenre qu’elies fussent; car la plupart des Anciens , bien loin de refuser auxBrutes la faculté de sentir, alloient même jufqu’à leur accorder celle deraisonner (L), ne mettant d’autre différence entre eux & les hommes, si-non que ceux-ci savent exprimer leurs pensées. Voilà pourquoi quelques-uns d’eux fuppofoient, que les mêmes Ames animoient indifféremment, tan-tôt les corps des Hommes, & tantôt ceux des Animaux: la disparité d'i'n-telligence, qu’on sembloit remarquer, ne venant que de la différence desorganes. Píuíìeurs Chrétiens anciens ont aussi cru la pré-existence desAmes, parla raison qu’il n’étoit pas convenable d’en faire continuelle-ment créer à Dieu de nouvelles. II y a plus: cette création & cette anni-hilation continuelle des Ames des Brutes ont paru à quelques Philosophessi difficiles à concevoir, qu’ils ont cru devoir regarder ces Ames commeautant d’émanations de cette Source de vie, qui anime toute matière qúiest dûement préparée à les recevoir. Us ajoutent que lorsque les corpsorganisés des Brutes deviennent, par leur mauvaise disposition, incapablesde recevoir la continuation de ces influences, leurs Ames retournent âl’immenfe fontaine dont elles étoient découlées: supposition , qui ne donnepas àl’Ame des Bêtes un privilège plus grand que n'a la moindre particu-le de matière (c). Cette Doctrine de la Préexistence des Ames humainesn’a pas été inconnue aux Mahomè'ans, qui racontent que Dieu tira desreins d 'Adam tous ses descèndans à la fois, & fit accord avec eux qu’ils lereconnoîtroient pour leur Seigneur (d). Tous ces Hommes, continuent-ils, furent actuellement assemblés dans une Vallée proche de la Mecque, (ou,comme disent d’autres, dans la Plaine de Dahia dans les 'Indes,) étant eriforme de fourmis, quoique d’ailleurs douésd’intelligence; &, après qu’ilseurent reconnu en présence des Anges qu’ils dépendoient de Dieu, ils fu-rent tous renvoyés dans les reins de leur premier Père (e). Les Juifs onteu pareillement quelque notion de fexistence de l’Ame avant le Corps; &cela paroitpar la demande qu’ils firent à notre Sauveur,,/* f homme, qui
00 Nomb. xVs. 22. Stackhoufe’s 33 odypf Diviniti, p. 22Z. &c.
(D Plutarcb. de Plagie. Pbilof. L. V. c.so. Bayle, Dict. Hist, Art, Péreira, Rem, E.
(c) Cucìworth, Iiitell. Syst. p. 44. &c.
(d) AI Koran, c. 7. v 173.
(e) DTlerbelot , Biblioth. Orient, p. 54.JMaraccius in Alcoran. p. 290.
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