Buch 
1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
Seite
81
JPEG-Download
 

DE LA CREATION DCJ MONDE, Iníroáutitíon. Sr

tare d’aucun Etre, mais seulement remploi de Messager de Dieu, & d’En-voyé de sa part pour exécuter quejque commission. C’est dans ce sens queles Anges Ion t nommés les Ministres de Dieu , & des Esprits administrateursenvoyés pour le service de ceux qui hériteront le salut. On ne sauroit dou-ter qu’il n’y ait des Etres tels que ceux que nous appelions Anges, c'est-à-dire,,des Substances invisibles & imperceptibles à nos sens ; douées d’une Intel- *Jigence & d’une puissance supérieure à celle de la Nature-humaine ; crééespar Dieu, & sujettes à cet Etre Suprême, chargées d’exéeuter plusieurs-ordres de la Providence par rapport au Gouvernement: du Monde, à plusparticulièrement à ì’égard de celui du Genre-humain. Cette vérité , claire-ment attestée parrEcRiTURE,ad’ailleurs été si universellement admise chezles Juifs , qu’on a de la peine à concevoir que les Sadducéens eux mêmes-ay en t pu la nier: ainsi il y a apparence qu’ils n’ont nié que leur apparitiondans ces derniers tems, comme plusieurs Chrétiens, qui, ne laissant pasdé croire l’existence des Esprits, rejettent pourtant plusieurs contes qu’on-fait fur ce sujet. Ce n’est pas tout: l’existence de ces fortes d’Etres in-visibles a été généralement reconnue par les anciens Vayens, quoiqu’ils lesaye n t designés par différens noms-, les Grecs les appellant Démons, & lesRomains, Génies ou Lares (a). Epicure semble avoir été le seul parmi les-anciens Philosophes, qui les ait absolument rejettés (ê) ; la croyance des-Intelligences mitoyennes entre Dieu & les Hommes étant aussi étendueque celle de l’exìstence de Dieu même, & n'ayant jamais , que noussachions, été révoquée en doute par ceux qui avóient quelque ombrede Religion.

Mais quand même la vérité dont il s’agit ne nous seroit pas enseignéepar )a Révélation, il seroit pourtant très raisonnable de supposer de pa-reils Etres mitoyens, afin de remplir l’espèce de vuide qu’il y auroit fanscela dans la Nature. U y a une gradation à l’égard des Créatures fur laTerre., quelques-unes n’ayant que la simple existence, comme la Terre,,

1-Airj & i’Eau ; d’autres ayant par-dessus [existence la vie, comme les.Végétaux i d’autres par-dessus la vie ayant le sentiment & la perception ,comme les Brutes,- & d’autres enfin ayant par-dessus le sentiment la fa-culté de penser L déraisonner, comme les Hommes. Or puisque nous-voyons que la partie sensitive de nous-mêmes.a des Etres au dessous d'el-le, il est aussi très probable, que la partie de nous-mêmes la plus noblea au-dessus d’elle des Etres, qui lui font autant supérieurs que nous le som-mes aux Brutes,- & que ces Etres font à leur tour surpassés par d’autres,.

& ainsi de fuite jusqu’à la Divinité (c).

II est certain que ìes Anges ont existé longtems avant la Création décri- Q uanc j îéJSte par Moyfe (d), puisqu’iís ont été, sinon employés dans la Création, du Anges outmoins actuellement présens quand les Etoiles du matin chantaient en - été créés

(d) Piutarch. de Piacit. Philos. L. I. c. 8. & (c) Statkhouse’s Body of Divinity, p. 185,,

Varro apud August, de Civic. Dei, L, VII. &c.

e. 6. (J) Bumet, Archíeol. L. II. p. 300 ,: &c,-

(/>) Plot. ibid.

Tome L.

L.