DE LA CREATION DÚ MONDE, Introduttion. 83lui-ci, c’étoit un signe que la puissance de son Génie étoit inferieure à cel-le.de quelque autre Génie opposé. Ils ajoutoientqu’il y avoic quelques Gé-nies, dont l’afcendant étoit si prodigieux fur d’autres, que ces derniersétoient entièrement déconcertés par là feule présence des autres; ce qui étoitle cas du Génie à' AugufteAVégard de celui àc Marc-Antoine (a): & peut-êtreque c’est cela qu’íl faut attribuer que quelques Personnes ont de l'esprit &parlent bien dans l’absence déqfteíq’ues autres, dont la seule présence sembleles rendre stupides. Les Romains croyoient que les Génies tutélaires deceux qui parvenoient à l’Empire, étoient d’un ordre éminent; aussi les hono-roient-ils extrêmement: les Nations âi les Villes avoient aussi des Géniesqui leur étoient affectés (L). Les anciens Perses croyoient si fermementle Minrftèrd des Anges; &lelir influence fur les affaires humaines, qu’ilsen donnoientles noms à leurs Mois & aux Jours de leurs Mois, & leur affi-gnoiesit divers Emplois, & se Gouvernement de différentes Provinces (c) : &c’est d’eux que les Juifs confessent avoir reçu les noms des Moís&des An-ges, qu’ils apportèrent avec eux au retour de la Captivité de Babylone (d") :car ce ne fut qu’aprés cette Captivité'qu’ils attribuèrent différentes Char-ges aux Anges, & en particulier celle de protéger les Empires & les Nations;
Michaël étant le Protecteur des suifs (e) , comme Raphaël est supposé avoir,été celui des Perses (f).
Les Mahométans ont tant de respect pour les Anges, qu’ils regardent com-me un Infidèle tout homme qui nie leur existence, ou qui ne les aime pas.
Ils les croyent exemts de péché, & jouissant toujours de la présence deDieu, à qui ils ne désobéissent jamais: qu’ils ont des Corps déliés, étantcréés de lumière: qu’il n’y a point entre eux de différence de sexe, & qu’ilsrr’ont besoin, ni de nourriture, nì de sommeil. Il's leur attribuent différentesformes & différens emplois; que les uns adorent Dieu en diverses postu-res; que d’autres chantent ses louanges , d’autres portent & environnentson Trône; & d’autres enfin mettent par écrit les actions des Hommes,
& leur servent de Gardes (gj. " '
Comme le Nombre de Ces Esprits Célestes est très grand, il est aussi6às àtrès raisonnable de croire qu’il y a différens degrés de Jubordination par-àZes.mi eux ; ce qui est d’ailleurs confirmé par TEcrit ukE (h). Sur ce principe, quel-ques Spéculatifs ont partagé ces Çsprits en neuf Ordres, suivant les différensnoms qui leur sont donnés dans hos Livres Sacrés ; A ont réduit ces Ordresen trois Hiérarchies, à la première'desquelles appartiennent les Séraphins ,les -Chérubins, & ses Trônes ; • à la seconde, Jes Dominations , les Ver-tus ^ & les Puissances\ & à la troisième, les Principautés, les Archan-ges , & les Anges. Ils ont imaginé de plus, qu’ll y en a quelques-uns
fr>) Plutarçh. in Acîbnio^p. 930.
(b) DochvelY P raie ct. n. ad ipart. lía-driatî. p. & c , v ., ,
t Çc) Hyde.Rei, Ver. Pers. c. 19, 20.
O) Ttlmud Hicrosol, in Rosh hariiaua.
(e) Dan. XII. 1.
(/) Ilydeubi supra 5.270,273.
(g) Corapendium Theoiog. Mohamed.C. Z.apud ReJand. dè Rel- Mohamed,
(/1 ) Révél. V. u,
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