DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Chap. I, 93
& pour ce qui regarde le Bdolah & le Shoham , ils peuveqr, être Les produc- Aimée àrions de plusieurs Pays, comme nous Pavons remarqué ci-dessus. Cepen- Monde r.dant le Bdolah considéré, ou comme des Perles, ou comme du Bdellion (qu’on Ava ” t 0 |' C 'suppose être une Gomme transparente, odoriférante , & amère) appar- - 4j . 'tient incontestablement à l 'Arabie. - L
Mais quoique cette Hypothèse paroisse la meilleure de-celles qui ont étéavancées jusqu’àprésent, & rende passablement bien raison de la Descrip- " ,lion de Moyse , elle n’est pas néanmoins exemte de difficulté ;*car les deux ObjcmmnBranches du Shat al Arab , qui,dans la supposition dont il s’agit, représen - contre tetent le Bison & le Gihon, ne paraissent pas assez considérables pourter le nom de Rivières, ni avoir assez d’étendue pour environner des Pays ^ ' iK 'un peu considérables; fendrait où le Shat al Arab se partageau,dessous deBasrah, n’étant pas éloigné ( a ) déplus de dix-huit lieues des endroits oùces deux Branches se jettent dans la Mer. A-la-vérité, si nous pouvionsêtre assurés qu’il y a une troisième Branche, laquelle, suivant quelquesVoyageurs & quelques Cartes, se séparant du Shat aux environs de Bas-rah , tombe dans la Mer à al Katíf, il y aurait moyen de rendre raison de Bi-son: & pour ce qui concerne le Gihon , nous lui substituerions la Rivière deKaron, ou celle de Líarha, dont la prémière se jette dans le Shat al Arab ,&l’autredansle Tigre, &. peut avec plus de justesse être dite environner toutle Pays de Cush , comme passant par le Khitfiftân ; au-lieu que la BrancheOrientale du Shat lave seulement un petit coin de ce Pays , ou plutôt uncôté d’une Ile qù'elle fait conjointement avec le Karon.
En faisant quelque petit changement dans cette Hypothèse, & en pla- muvdks.çant s Eden au dessus de fendrait où Y Euphrate & le Tigre se joignent, nous Hypothèses.trouverons un ou deux grands Bras qui entourent le Pays situé entre l’une &i’autre Rivière,-Bras qu’jl ferait plus raisonnable de mettre à la place du Bi-son & du Gihon , que les Branches du Shat al Arab, pourvu que ce chan-gement s’acçordât avec le reste des circonstances. Si ces Branches, du Ti-gre avoient été connues de Grotius &de plusieurs autres , ilsn auroìent peutêtre pas commis une faute auíìì grossère, que de faire le Gihon du NaharMâle a , ou Rivière Royale , qui passe de 1 Euphrate au Tigre . il aurait mieuxconvenu avec la .Description de Moyse, de supposer quec. est la Rivière d E-den, divisée en quatre Branches , auquel ças les parties de ces Rivières auMidi du Nahar Malca tiendraient lieu du Bison & du Gihon; & ceci ré-pondrait exactement à la Description de Moyse par rapport aux Rivières.
Mais la vérité est,qu'une pareille Hypothèse ne saurait être admise,sansfaire tort à la certitude de I’Êcrituke; puisqu’il faudrait reconnoître que lesplus anciens Livres qui y font contenus, ont été écrits, au plutôt, versle tems de la Captivité de Babylone, car le Nahqr-Malca , ou Bafilicos Poîa-tnos, comme les Grecs le nomment, est un Canal artificiel', qu on voit en-core, & qui a été creusé depuis Y Euphrate jusqu’au Tigre, un peu au dessus,de Babylone , vers le déclin de l’Empire Babylonien. Les Auteurs Orientaux
(«) Voyages de Thévenot. T. IV. c. 10, p. 557. Texeira, Voyage de Basrah à âlsg*