94 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Année du attribuent cet Ouvrage à Nimrod (a). Peut-étre ce Canal est-il la mêmeMonde I. chose que la Rivière L'utha, qu’un Auteur Ver jan \b) dit avoir été fait parAvant J. C. U n Roi de Babel du même nom, & qu’on croît avoir été Cush Père de43°5* Nimrod. Ceux qui prétendent que le Paradis a été en Arménie , peuventSect. !. alléguer en faveur de leur Thèse quelques Cartes modernes *, dans les-Séjour quelles ils trouveront le Morad Shaï qui tombe dans Y Euphrate , & le Kor quid'Eden. j- e m gj e k r Jraxe; chacune de ces Rivières étant plus propre à tenir la” place du Bison, que le Phase : ou s'ils aiment mieux avoir Y Euphrate & le
Tigre joints aux deux autres Rivières dont parle Moyse sûs n’ontqu'àpren-dre le Sert qui tombe dans le Tigre à Hesn Keìfa , & ôter YAraxe Sc le Kor,En général , une des plus importantes remarques qu’on puisse faire fur cesujet, est que, comme une idée confuse touchant la source & le cours deces Rivières a donné occasion aux erreurs où tant d’Auteurs font tombésà l’égard de la situation du Paradis, il faut, pour ne se point tromper ,avoir recours aux Observations de quelques Géographes & de quelquesVoyageurs modernes : Observations que les Savans ont trop négligéesjufqu’à présent.
La De - Après tout, il n’est pas nécessaire de s’inquiéter si fort fur cette matière;
/r-r/à» car, à proprement parler, la description de Moyse ne s’accorde pas avecfi'Jíri'ïilen l’dtat des choses, telles qu’elles font à présent, ou telles qu’elles ont jamaisgfíìnsar- été, au moins suivant toutes les apparences ; puisqu’il n’y a point de Fleuveaite. commun, dont les quatre Rivières puissent proprement être apellées des Bran-
ches ; & qu’il n’y a pas moyen de concevoir, que tout un Pays puisse être en-touré par une Rivière, (comme le Pays de Havilah est dit Têtre par le Bison , Sccelui de Cash parle Gihon , ) fans être une Ile. Mais nous devons considérerla description de Moy/s conformément aux notions imparfaites qu’on avoicdes choses dans les prémiers siècles du Monde. D’un autre côté, il est ab-surde d’alléguer les changemens que le Déluge a produits fur la Terre.Moyse décrivant les choses comme il suppofoit qu’elles étoient de son teins:& il n’est nullement croyable, que Je Hiddékel A le Frat , ayant été desBranches d’une Rivière, ayent ensuite eu des sources qui leur sont propres.II faut observer qu’il n’y a pas la moindre incertitude dans les Auteurs àTégard de ces deux Rivières, qui ont retenu leurs noms, au moins à peuprès, jusqu’à présent; car celui que les Hébreux apelloient Hiddékel , lesArabes , & peut-être les Assyriens Sc les Chaldéens ,\q nommoient alors Dy.lat , comme ils font à présent: & le Phérath» Forât , ou Erat , est enco-re apellé Frat par les Peuples voisins; Euphrate étant un de ces noms cor-rompus, que nos Traductions ont empruntés de la Version desLXX, Scque probablement les Grecs , comme Rèland (c) ] e remarque fort judicieu-sement, ont pris des Perses , qui ont souvent mis le mot Ab ou Au, quisignifie Eau, à la tête dès noms des Rivières: or c’estde ce mot Sc de
Frat
(a) ïlyde, de Relig. Vet. Períiir. p. 40. Hyde, ibid.
(D Tabari iii Cap. de morte Sa r te apud ■ (§) Reland, de Situ Paradííî.
* Particulièrement celles de De Lille, M font les meilleures de beaucoup.