9 6 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Année du dis, comme de celui d’Iram ou Aram , en Taman ou Y Arabie Heureuse , saieMonde r. par Shaddâd, le fils d ’Ad. Ct Pnnce a été exterminé avec son Peuple parAvant J. C. un châtiment céleste: cependant, disent les Auteurs que nous citons, son43°5- Palais & ses Girdes, qui avoient été les causes de son insupportable or-Sect. I. gLieil, ont été rendus invisibles (quoique subsistant toujours), &n’ontétéSéjour vus depuis ce tems que par une permission particulière de Dieu ; faveurâ-à qu’ils prétendent qu’un certain Coìabah a reçue,pendant le Règnedu CalifeMoawiynh (a): les mêmes Auteurs font aussi mention d’un autre Paradisfait par les Molâhidah ou Ismaéliens, (qui est une Race de Princes que lesEuropéens ont nommés //J)affinions) , & situé dans une Vallée du Curdi/iân.Ce Paradis étoit si délicieux, que ceux qui y entroient en étoient ravisjusqu’au point de s’imaginer qu’il dépendoìt du Prince de les faire jouirtoujours d'un pareil bonheur: imagination qui les rendoit tellement soumisà ses ordres, qu’il s’exposoient à une mort preique inévitable, pour exé-cuter tout ce qu’il leur commandoit. Les anciens Payens eux-mêmes sem-blent avoir eu quelque légère connoisiance d’un Paradis, ou plutôt de plu-sieurs Paradis terrestres ; mais ils les mettoient pour l’ordinaire hors de no-tre Continent; dans l’Océan, ou au-delà, ou enfin dans un autre Hémi-sphère ; comme le Jardin des Hefpèrides , les Iles Fortunées , Ogygie, & Ta -probane (b),ôc c. Endroits qu’on a tous traités de Paradis, & dont aucunn’est situé dans notre Continent. Cette Tradition, & l’incìination qu’onceue généralement tous les Pères Chrétiens , de placer le Paradis dans l’Hé-misphère Méridional, ou au-delà de la Ligne, ont porté un Savant moder-ne ( c ) à adopter le même sentiment , quoique dans son Système toute laTerre ait été une espèce de Paradis avant la Chute.
SECTION II.
De la Chute de P Homme
Dieu place Teu ayant placé Adam, immédiatement après, fa formation, dansAdam dam | J [ e Jardin d’ Eden , dont nous venons de rechercher la situation, luidon-ytutìi' u L ia permission démanger de tous les fruits de ce Jardin, excepté ceux defend de l'Arbre de la Science du Bien & du Mal, dont il lui commanda expresse-
manger du ment de ne point manger, sous peine de mort (d),fruit de L a première chose que fit Adam, après son entrée dans le Paradis, & leconnoiknee j° ur metsle création, fut de donner des noms à routes les Bêtes & Ldu BieTé tous les Oiseaux qui sc présentèrent devant lui, non seulement pour cet ef-du Mal. f et ( e ), mais aussi pour lui payer en quelque sorte leurs hommages, & luiAdam don. témoigner qu’il n’y avoit aucun Animal parmi eux qui fût digne d’êtresonne des noms compagnon (f). Nous pourrions, à cette occasion , dire quelque chose deaux Bêtes l' Origine du Talent de la Parole, si nous ne réservions pas cette discussion& aux p 0Ur un en£ j- ro j t oà elle sera mieux à sa place.
(a) D’Hcrbelot, p. 51, &C.sb) Diodor. Sic. L. II. p. 173.(c) Burnec Theor. L, II. c. 7.
(d) Genès. II. 15. &c.
(e) Ibid. v. 19.
(f) Ibid, v. 20.