DEPUIS LA CREATION J USQU’AU DELUGE, Chap. I. P9
rabkment leur vie. Mais si Ja longue vie ou Immortalité des Hommes . .avoit dependu dun seul Arbre, comment la postéri té á'Adam (s’il n’avoit MoTde? a
f 1inn A K fpe /n e fur iafacede ia Terre, auroit-eite pu fepourvoir du Avant j L.fruit de cet Arbre ? Ou comment un Arbre auroit il pu suffire à tout le Gen- 43^
r î h Tffi n ï > La nature . de 1 Arbr f de Science du Rien &du Mal est encore Sect. il.plus difficile a concevoir, puisqu il semble avoir excité dans nos premiers Chute dePareils un sentiment inconnu de Modestie & de Honte. Une autre proprié- ^Homme.
te toute différente est attribuée a cet Arbre, savoir, qu’en en mangeant -'
i Homme devcnoit comme un Dieu, discernant entre le Bien & le Mal *
On a fait dautres Objections contre cette Histoire, tirées du peu deproportion entre le crime & le châtiment,* dupeu d’apparencequ ’Adam &
Evr ayent cousu ensemble des feuilles de Figuier fans aiguille & fans fi] &que Dieu leur ait fait des habits de peaux, ou par lui-même, ou parle mi-nistère d’un Ange (ce qui paroi t plus convenable;) & enfin, de sinusiteprécaution de placer des Chérubins à feutrée du Jardin, de peur que ceuxqui venoient d’en être exilés * ne s’en remissent en posseffion par force oupar finesse (a). y
De toutes ces réflexions quelques Savans ont conclu , qu’il falloic ne'-ceflâirement admettre un sens allégorique , suivant lequel Moyje auroicvoulu représenter la Chute del’Ame; le Serpent représentant la Cupidité*l’Homme, à qui il n’osoit pas s’adresser, étant l’imagede la Raison * &láFemme, qu’il séduisit avec tant de facilité, ne pouvant qu’être i’emblê-me des Sens ; & ainsi du reste (Z>).
Mais quoiqu’on ne puisse pas nier que de pareils récits allégoriques Le Sent L.n’ayent été employés par plusieurs anciens Philosophes , pour dérober téraldé í m -leurs idées aux yeux du profane Vulgaire, & netre entendus que deleurs Offciples, il est néanmoins apparent que Muyjè n’a point eu un teldessein, & comme il prétend feulement rapporter un fait, précisémentcomme il est arnvé, fan» m e. déguise™™, „„ ne sa uroit ’sLposer^ ZCette Histoire doive ecie entendue autrement que dans un sens licéralaussi-bien que le reste de ses Ecrits. . '
Pour ce qui regarde les Objections particulières dont nous avons parlé Le T <™ta-& prémièrement celle qui concerne le Serpent, on répond que Moyfecontente de rapporter simplement les faits, fans y ajouter ni explication, ni ’
commentaire. II fait, à-la-vérité, du Serpenr f instrument visible de la fé du corp? Hduction de Ja Femme, & ne ditrien de la cause efficiente & cachée ; & c’est d ' m &r-ce qui a fait croire aux anciens Juifs, que tout le Passage doit s’entendre pm 'd’un Serpent réel : créature qui, suivant eux, étoit originellement douéede la faculté de raisonner & de parler \ D’autres, à qui de pareils privi-
GO Sic vacat exiguis rébus adeffeDeo.lìur- Mare Nevoch. Parc. II. c. 30.net , Archceo], L. II. c. 7. p. 265, 266, Phií. (/;) Dissertations de Saurin. Vol, I,
Jud. de Mundi Opiíìcio , p. 36. Maimon.
* Jofèphe suppose que tontes les Créatures parloient en ce teras-là ta même Langue, Scque le Serpent conversant familièrement avec Adam & Eve,ik envieux de leur bonheur,per-
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