102 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Armée du leste, envoyé pour lui expliquer le commandement de Dieu. Que'si nousMonde I. prenons garde à la manière dont le Tentateur lui adresse la parole *, cet-Avant J.C. t£ p u pp 0 Q C i on nous en paroîtra plus vraisemblable.
43 c 5- u a ssez probable (a) que le Séducteur, avant que de parler à Eve,Sect. Ii. p e donna pour un Emissaire de la Cour Céleste, qui venoit la féliciter dubonheur dont Dieu avoir comblé son Epoux & elle ; bonheur si grand, qu’il
__- ne pou voit croire qu aucun fruit du Jardin leur rut détendu. II peut donc
li atirejsaia avoir souhaité d’être éclairci par elle-même de la vérité de ce qu’il feignoitparok à d’avoir entendu ; L ilfe peut aussi qu’£w, ayant raconté la défense de Dieu,ve ’ ajouta qu’elle n’en comprenoit pas bien le sens,& qu’il étoit impossiblequ'une faute si légère fût punie de mort. Ensuite il flata son ambition parla trompeuse promesse, qu’en mangeant de ce fruit son entendement seroicilluminé, que toutes les autres facultés de son ame en seroient perfection-nées , qu’elle & son Mari deviendroient incontinent semblables à des An-ges , même comme des Dieux, & que leur bonheur feroit inaltérable &fans bornes.
Çhi mange Ce paroit avoir été-là en substance le discours par lequel le Serpent fé-dujruit duisit Eve: pour elle, enchantée de la beauté du fruit, & animée d’unedéjendu, & van i t é curieuse, elle ne put résister à la tentation} & après en avoir man-Inait'er à Zé, bien loin de sentir son état, elles’imaginasi bien être déjà en possessionAdam. de la chimérique félicité qui lui avoir été promise , qu’elle invita son Epouxà la partager avec elle. Lui de son côté, après avoir apparemment un peurésisté, gagné par ses caresses & par ses charmes, viola le commandementde Dieu, & voulut par une imprudente tendresse partager la destinée de facriminelle Epouse (b).
Lapunitîon La Sentence prononcée contre le Serpent ne sauroit paroître étrange,ístra-san-^ 1 nouS considérons combien la forme originelle de cet Animal est disséren-íabk. te de celle qu’il a à présent} & que Dieu a voulu, suivant toutes les ap-parences, dégrader si fort une Créature autrefois si éminente en per-fections, non pas tant pour marquer son indignation contre la Bête, quepour en faire un monument de la Chute de l’Homme, & un témoigna-ge de fa haine contre Je Péché. Cette Sentence ne sauroit être regar-dée comme injuste, puisque les Instrumens de quelque crime énorme sontsouvent détruits par les Loix Humaines} & que le Serpent n's peut-être
pas
(a) Bishop Patrik’s Commentary. (b) Stackhoufe’s Body of Divinity, p. 284. &c«
* Le savant Abravanel suppose qu 'Eut & le Serpent h ont eu ensemble aucun discourt:mais que le Serpent, étant une Créature fort active & fort alerte, monta fur l’Arbre dela Science, & goûta de fou fruit; c\v! Eve ayant remarqué la chose plusieurs fois , & ne1 ayant point vu mourir, avoit conclu en elle-même que ce fruit, bien loin d’être mortel,étoit peut-être agréable au goût, & capable de lui donner les plus admirables counois-Tances (1),
(0 Staçklmu’s Body of Divinity, p, u 7 ,