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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE , Chap. I. 105

pouvoit servir à ce dessein, parce qu’il n’y avoit presque pointd’occasion Année dud’en violer quelqu’un de ce genre. II falloit donc que ce sût quelque action àude r.indifférente, mais qui pouvoit devenir bonne ou mauvaise en vertu de 430;, 'quelque commandement ou de quelque défense. Et qu’y avoit-il de plusnaturel & de plus convenable à la condition de nos premiers Parens(des- ^ nCT ” ■ 'tinés a passer leur vie dans un Jardin) que de leur défendre de manger ^k utedu fruit d’un certain Arbre de ce Jardin ; un Arbre qui étoit tout près id’eux, & qui leur fournissait à chaque moment l’occaílon de faire éclaterleur obéissance, en s’en abstenant (a)?

Ceci sert de réponse à sobjection qu’on fait quelquefois, savoir que la £ t j ePeine, infligée à l’Homme à cause de sa désobéissance, étoit trop sévère, tment, ín-& nullement proportionnée à bosseuse; car c’est se tromper que de sup. fiìgê à nosposer que le Bien & le Mal dépend uniquement de la nature de la chose, limiers& non point de l’ordre ou de la défense de Dieu. B y a plus: le crime f u jfJ nsde nos premiers Parens étant une rébellion manifeste contre Dieu, accompa-gnée des circonstances les plus agravantes, doit nous paroître si odieux,qu’il y auroit de la peine à imaginer quelque chose de pareil de nos jours. Expika -

A peine cette espèce d’ivresse où le goût du Fruit défendu les avoit à desplongés, écoit-elle passée, que les Criminels, revenus à eux-mêmes, eu-^ê"'rent les yeux * de leur entendement ouverts, & furent frappés de leur nu- quelles k.dité f, & de la dégradation honteuse de leur nature. Pour cacher cette nu dam 6? Evedité autant qu’ils le pouvoient, ils plièrent & attachèrent autour de leur couvrirentcorps les branches les plus flexibles d’un Figuier, de maniéré que les seuil-les qui pendoienten bas, leur servoient de tabliers: car il ne faut pass’ima- p itiginer qu’ils ayent cousu les feuilles ensemble, comme les Tailleurs font Dieu leurles habits, les paroles d é Moyje ne disant rien de pareil Z. fit.

(«) Stackhouse’s Body ofDivinity, p. 281. Nicholls’s Confer. Vol. I.

* L’Expression, que leurs yeux furent ouverts, a donné lieu à une croyance populaire,qu 'Adam & Eve ont été aveugles jusqu’au tems de leur péché: Imagination que St. Au-gustin a pris la peine de réfuter (1).

f Un Ecrivain moderne croit que, par nos premiers Parens appercevant leur nudité, ilfaut feulement entendre le sentiment qu’ils eurent de leur transgression. C’est ainsi, qu’aprèsque le Veau d’Or eut été consacré, Moyfi est dit avoir vu le Peuple nud,Exod. XXXIl. 2 5.& dans le N. T. le mot yvuv'n sert quelquefois à désigner un Pécheur. V autres à-la-véritésupposent, que le fruit de cet Arbre défendu excita uos prémiers Pareils à goûter les plai-sirs de la Chair; car, suivant la modestie de la Langue Sainte, la nudité peut trés bien expri-mer un apprit irrégulier pour des voluptés charnelles; & c’est la l’opiníoi/de St-Augustin. IVlajsnotre Auteur croit cette conjecture fans aucun fondement, & dit qu’il est difficile de concevoircomment Aìam dr Eve auroient pu ignorer leur nudité avant leur chute, ou pourquoi ils etiauroient eu plus de honte alors qu’auparavant. Pendant qu’ils étoient les seuls Habitans dela 1 erre, leur lit, q U j n’avoit que le Ciel pour couverture, étoit austì chaste, ques’il avoitété couvert avec toute la précaution imaginable: d’où il conclut que leur nudité doit êtreentendue dans un lëns figuré (2).

§ Le mot de 1 Original ign , qu'on traduit par celui de coudre , ne signifie autre chose que

(2) L- Clerc, Diísert, sut Gen. IIJ- -,

(O Augusi. de Cívit. Dei L. xiv. c. 17,