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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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108 HISTOIRE A S I A T I Q U E, Livr. I.

Anode du tre * e désordre. Les Fruits de la Terre venoient au commencementIMonde I. d'eux-mêmes, & les besoins aussi bien que les delìrs de l’Homme étoiencAvant J. C. satisfaits, fans qu’il fût obligé de se donner pour cela la moindre peine.

A 3 <> 5 - Mais dès que nos prémîers Parens se furent rebellés contre Dieu, ce Ju-Sf.ct. II. ge irrité maudit la Terre, qui immédiatement après produisit des ronces• Chute Je oc des épines; car il ne faut pas supposer avec quelques-uns, que la serti-.fílomme. lité originelle de la Terre a continué jusqu’au Déluge universel. Le Dé-

-luge fut à-la vérité l’accomplissement de la Malédiction ; mais cHam en

avoit déjà éprouvé des effets considérables , ayant mangé son pain á lasueur de son visage. Comme la Terre suc rendue stérile à cause du pé-ché de i’Homtne, s Air & les autres Elémens ne s’en ressentirent pasmoins, & devinrent déréglés, souvent mal-sains , & quelquefois mortels.De-là les Famines, les Pelles, les Tremblemens de terre, les Tempêtes,& toutes les autres Calamités qui produisent un nombre innombrable demaladies (a).

Mais pour donner à nos Lecteurs une idée plus claire de la manièredont la Chute de l’Homme, dérangea la Nature, il est nécessaire de con-sidérer la constitution du Corps de f Homme ( car il n’est pas question icid’examiner fêtât de son Ame) & de la Terre dans cet état primitif; &par quels moyens l’une & l’autre de ces choses furent réduites à la con-dition où nous les voyons.

Change- Par rapport à la constitution du Corps de l’Homme, il paroit qu’il n’ytttt'nt’rJatis avoit point alors de honte attachée à la nudité, & par conséquent qu’ilh conftim- n’y avoit aucune nécessité de se couvrir. Le panchant qui nous porte à laHomme P ro P a S atíon de notre Espèce, semble avoir été st fort soumis aux ordres

e ' de la Raison , qu’il n’étoit en aucune façon nécessaire de voiler ces par-ties, que tout le M onde a jugé ensuite devoir être dérobées à la vue (b).11 y a des gens qui ont imaginé, qu’en casque fPIomme eût persévéré dansson état d’innocence, iln’y auroit point eu de commerce charnel entre lesdeux Sexes , mais que le Genre-humain auroit été multiplié d’une autre ma-nière * ; sentiment pour lequel les anciens Pères ont eu beaucoup d’inclina-tion, à cause de leurs préjugés en faveur du Célibat (c). St. Augustin com-bat cette opinion par de très sorts argumens (d ), comme par exemple la Bé-nédiction de Dieu & son Commandement de croître K de multiplier; laDistinction des deux Sexes avant la Chute; & l’Abfurdité qu’il y a de supposerque le Péché a été nécessaire pour la propagation du Genre humain. Cepen-dant il avoue, que dans l’état d’innocence, l'œuvre de la génération auroit é-

(a) Vide Stakhouse Body of Divinity, p. Lapide, m Gen. H- Barcépha de Parad. P.SS5. &c. I. c. 25.

(h) Whiston’s Theory, J 3 . III. p. 238. Qcl) August. de Civic. Dei, L. XIV, c.

00 Salian. Annal. T. I, p. 174. Cornel. à SI. &c.

* Paracelfee n.étoit si fortement persuadé, quil soutenoit qu ’Adam & Eve avoient étécréés fans i es parties de la génération; parties qui leur vinrent ensuite , comme des espècesd’excrefcences (,). r

( 1 ) Apuil Vosliutn de rhilof, c, p, L. 9 - k- 71.