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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Chap.I. rsr

qui irrita tellement Cdin, qu’il ne put s’empêcher de faire paroìtreau de- Année dnhors son envie & fa colère. Dieu lui en demanda la raison, & lui dit qu’enfaisant bien il n’avoitrien à craindre, qu’ìl ne devoir imputerqu’à lui-mê- va ,; C j.c.me que son sacrifice avoit été rejette; & qu’au reste il n’avoit aucune 4177,raison de se plaindre d'^à/, qui ne lui avoir voulu faire aucun tort, & Sra. IV.qui lui rendroit toujours le respect dû à un frère ainé. Mais cette rerr.on- l^tAar-trance fit si peu d'effet fur Caïn, qu’à la première occasion, étant dans lesChamps avec Ábel, il s’éleva contre lui, le tua («)*,& enterra son corps, Qa- r ~^~~afin de cacher le crime qu’il venoit de commettre (b). /e’c^R

de Caïnrf’Atel.Mort d'A-bei.

(d) Gen. IV. 3—8. .

{/;) Joseph. Antiq. L. I. c. 2.

Moyfe 11e dit point par quels signes Dieu donna L connoître qu’il acceptoit fossiande à'A-

ì>eî. L’Opinion commune est que le feu du Ciel deseendit, & consuma l’obiation, fans tou-cher à celle de Caïn. Cette idée a pour elle la Version de Théodotion , qui traduitle mot NVCque nous avons rendu par avoir égard, mvípirti, il mit en feu ; ce qui est la marque d’ap-probation que Dieu a donnée dans d’autres occasions. Les Mahométans affirment la mémechose (r); & les P aye m mêmes allèguent des faits pareils comme des marques extraordinai-res de !a faveur des Dieux (2).

* Avant qué Caïn tuât Abel, Moyfe nous apprend, suivant la Version Anglaise , que Caïnparla à Abel son frère, II y a proprement dans l’Original, Caïn dit à J on frère Abel : aprèsquoi il y a une lacune dans le Texte Hébreu. Le Peutatcuque Samaritain & les LXX»remplissent ce vuide, en ajoutant ces mots, Allons dam les champs’, mais le Targuai rie 'Jé-rusalem , & celui de Jonathan Ben Uzziel , ont eu la bonté de nous conserver tout feutre»tien. Caïn dit, II n'y a point de jugement à venir, ni de vie après celle-ci, ni de récompensespour les Justes , ni de chátimem pour les Médians : le Monde n’a point été créé, ni n’est pointgouverné par Dieu ; puisque ton ablation a été acceptée , b non la mienne. A quoi Abel ré-pondit, IIy a un jugement, b une vie à venirs les Justes ont des récompenses à ejpìrer, bles Injustes des punitions à craindre’, Dieu a créé le Monde, '& le gouverne par fa Provi-dence. Etparce que mes œuvres font meilleures que les tiennes, Dieu a rejetté ton offrande, & aaccepté la mienne. Ainsi coinmenca la querelle qui finit par la mort à'Abel’, triste présage desmaux quecauseroient un jourles Disputes de Religion. Mahomet zauíìi inféré dans son /Jkoran(z) la controverse des deux Frères, qui a quelque chose d'approdiant de celle que nous venonsde rapporter. On ne fait, ni en quel teins, ni en quel lien, ni de quelle manière ce meurtre a étécommis. 11 y a apparence qu’il est arrivé un peu avant la naissance de Seth , qui fut donné enplace à’Abel’. mais St. Augustin (4) n’est point du sentiment que Seth ait été le prémicr filsqu’AVf ait eu après la mort à'Abel, supposant que l’expreíîìon de l’Original ne signifie au-tre chose, sinon que Seth succéda â la piété à'Abel. II y en a qui croyent qu ’Adam assignaà fes fils leurs différens emplois fan 1 z. du Monde (qui est le sentiment d 'Eufèhe ) ; que Caïn& Abel firent leurs offrandes fan du Monde 100; & que ,,o ans après Abel fut tué. Mais,tû la Raison ni l’Ecriture ne nous portent à croire que Caïn ait caché si longtems son ressen-liment (5). Le lieu où Abel fut tué, suivant une ancienne Tradition, lë voit encore, à cequ on prétend, au pié d une Colline près de Damas ( 6 ). 11 y a une grande variété de senti-mens sor i a manière dont ce meurtre fut commis par Caïn. Eutydie & les Arabes disent qu’ilcalïa la tête k Abel d’un coup de pierre; quelques Juifs assurent qu’il le déchira à belles dents;d autres, qu’il l’assomma avec une mâchoire d’âne , qui est l'instrument que la plupartdes feu p! es mettent entre les mains; d’autres sarment d’une fourche, St. Chryfostême■dune p e, St. Ircnée d’une saulx, & Prudence d’un fer àémonder (’/)■

si) Maracc. in Alcoran, p. ««.

(z) Eayle, Dict. Hist. Arr. Eanatia(z) Alcor. Chap V. v. 33 , 1

(4} Augustin, de Civit, Dei, L, xy.

(7) Bayle, ubi sup. Rem, G,

(s) Bayle, Dlct. iîist. Art. Abel, R em . c.

1 6 ) Heidegg. Hist. Patriarch, Tom, I. p. Ir6.

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