DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Chap. I. 135me année (a); ce fut alors, diíènt-ils, qu’nne centaine des fils de Set h , Ann(?e dentendant le bruit de Ja Musique & des cris de joie des Càïnites , defcen Monde "dit de la sainte Montagne , pour aller vers eux. Les fils de Set h furent si 930. Avantcharmés de la beauté des Femmes , qui étoient nues , qu'ils s'abandon- f O. ZZ?6.nérent à leur paillon (b). C’est ainsi que les attraits des Filles de Caïn per- Sect. 1V *dirent ces hommes vertueux; car , lorsqu’ils voulurent regagner leur Mon- Patrîar-tagne, les pierres de la Montagne (dit- on) devinrent comme de feu, &ches avantles empêchèrent de passer outre (c). Nous avons des descriptions d'une^terrible force de la lubricité des Càïnites. Les Hommes & les Femmes ferendoient, comme à l’envi, coupables d’impurete'. Les Pères avoient uncommerce incestueux avec leurs filles, & les fils avec leurs Mères ; demanière qu’il étoit impossible aux Enfans deconnoître leurs Parens,&auxParens de, savoir quels étoient leurs Enfans.
Le nom At fils de Dieu , que Moyfe a donné aux Enfans de Seth, a faitcroire à Jvfèphe {d) , à Philon Juif (<?) , & à plusieurs des Pères (f) , queles Anges, qui font aussi appellés dans I’Ecrituiie les fils de Dieu. (g),onteu un commerce Impur avec les Femmes; commerce, dont est venue larace insolente & impie dont nous parlerons tout à l'heure *. Cette suppo-
(«) Abut farag. p. 8. Epiphan. Havres L. I.(ó) Idem ibid.
(c) Eutvch. p. ay.
(d) Jos. Antiq. L. I. c. Z.
Philo Jud. de Gigant. p. 284.
(f) Juslin. Marc. Tertullian. Athenag.Clemens Alexandr. Eufeb. Lactamius, Am-brosius, & alii, apud Sixtum Senenf. Bibl.Sacr. L. V. A11 no c. 77. Sulp. Sever. Hist. Sacr.L. I p. 8.
(§) Job I. 6. II. 1. XXXVIII. 7.
* Cette opinion temble avoir tiré fa première origine de certaines Copies des LXX, qui,da tems de St. Augustin, avoient dans cet endroit, les Anges de Dieu (1). Laitance suppo-sé que les Anges, qui íe rendirent coupables de ce crime, avoient été envoyés par Dieu pouravoir foin des hommes, & quêtant doués de franc-arbitre , Dieu leur avoir recommandé dene pas avilir la dignité de leur nature, eu fe fouillant des vices dont la Terre étoit infectée;mais que le Démon eut l’adresse de les perdre par le moyen des Femmes. 11 ajoute, queu’éiant point admis dans le Ciel, à cause de l’impureté dont ils venoient de se souiller, iístombèrent fur la Terre, & devinrent les Ministres du Démon. Mais que ceux qu’ils engen-drèrent n’étant, ni Anges, ni Hommes, mais d’une nature mitoyenne , ne furent point re-çus en Enfer, tout comme leurs Pères ne l'avoient point été dans le Ciel. Ainsi il y eut deuxfortes de Démons, les uns célestes & les autres terrestres. Ceux-ci font des Esprits impurs,Auteurs de tous les maux qui fe commettent, & dont le Prince est le Diable f 2 )- De là,suivant toutes les apparences, ont tiré leur source les Histoires des Incubes , ou Démonsqu on dit avoir un commerce charnel avec les femmes (3).
_ Le Livre de la prétendue Prophétie à'Hénoc a auílì beaucoup contribué à répandre l’O-pinion du commerce impur des Anges avec les filles des hommes. Les Fragmens, qui nousrestent de ce Livre, vont jufqu’à marquer en détail quelques-unes de ces unions imaginaires;c’est pourquoi .nous allons donner id un Extrait de ces Fragmens, dont ou trouvera peut.être que certaines particularités auroient été mieux à leur place dans un autre endroit;mais c est pour n’en pas faire à deux fois.
Quand le nombre des hommes fut beaucoup multiplié, ils eurent des filles d’une si prodi-
(1) Auguíh de Civif. Del. I,. xv. c. 23.(2 j Lactantius de Origine Eri, L, It. c ,
Tome L
( 3 ) Aiigust. ubx fup. c. 6j,
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