i 3 8 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Année duDieu dans cet endroit, il faut entendre les Princes & les Magistrats d’a-Monde lors, qui, au-hcu d’employer leur autorité à réprimer le vice, en don-9 3 ° - A ‘ noient eux -mêmes les exemples, prenant les filles des Hommes, ou du^ 33 - 6 . P eút , P eu P le ’ & les débauchant par force *.
Sect ’iv. E’Exemple de ces fils de Seth, qui, séduits par les charmes des fillesTatrìar- ' à Caïn, avaient été les premiers à quiter leur innocent séjour, fut aprèsches' avant ce ' a luivi par d'autres , qui de tems en tems deícendoient en grandle Déluge, nombre de la Sainte Montagne, & imitaient leurs prédécesseurs dans les7 v/7~7 a ^ ances qu’ils avaient contractées (a). De ces Mariages mal assortislaVace cles vlXì ^ une génération, qui paroit avoir été auffi extraordinaire à l’égard deStthtes U la taille & de la force, que de l’impíété & de J’injustice. En ccs jours il ydes Filles avoit fur la terre des Céans (b) f, qui, étant probablement de la race dede Caïn,
(a) Eutych. p. 27. Q) Genès. VI. 4.
* Pour fortifier cens interprétation, ib disent que le verbe npb, qui signifie ordinaire-ment prendre , peut auffi signifier ravir , 011 prendre par violence.
f Le mot Hébreu est Nèphilim, de bZ) Naphal, tomber , dérivation que tâchent de faire va-loir ceux qui croyent que ces Géans étoient des Anges tombés, revêtus d’une forme humai-ne (1). Le Targura de Ben Uzziel adopte cette explication, & nomme deux de ces Angesqui converfoient alors fur la Terre, savoir Shambazai & Uziel ; mais la racine du mot Néphi -lim signifie auffi fondre fur , ou tomber fur quelque chose avec violence , &c. Conformémentà ce sens, Symmaque a rendu Néphtlim par , & Aquìla par ivncímmttu La plu-part des autres Versions ont traduit ce mot par celui de Céans.
11 y en a qui croyent que ces Nèphilim étoient des hommes d’une stature ordinaire, & quece nom leur a été donné à cause des excès qu’ils commettoient en fait de rapine, d’impiété,& d’infoience (2); ce qui paroit avoir été le sentiment de Jofèphe (3). Mais d’autrescroyent avec plus de raison, qu’ils étoient auffi d’une force & d’une taille extraordinaires(4) ;is mot Nèphilim étant incontestablement employé dans l’iècriture (5) pour désigner des hom-mes d’une grandeur peu commune. A la vérité il peut auffi signifier des Apostats (6).
II y a eu vraisemblablement dans ces anciens tems des hommes d’une taille gigantesque, &d’une force extraordinaire , puisque des exemples tirés de f Histoire ancienne Si moderne (7)rendent la chose três probable: mais nous ne devons pas croire pour cela, comme ont fa:t quel-ques-uns, que dans les prémiers Ages du Monde les hommes en général étoient beaucoupplus grands qu'à présent ^8); les Céans étant toujours allégués comme quelque chose de ra-re, quoique le nombre en paroisse avoir été plus grand avant qu’après le Déluge.
L’Opinion de saques Jìoliuc (v) est trop singulière pour être omise. 11 suppose que lesdiiférens mots, par lesquels les Géans semblent être désignés daiw l’Ecriture, comme Néphi-iim, Raphaim , Zuzim, Gibborim, Enakim , Zanzumntin, Elim, &c. (au moins la plu-part) ne désignent pas la taille extraordinaire, mais la piété admirable & peu commune dessaints Patriarches qui vivoient alors. Les Nèphilim en particulier, selon lui, étoient distin-gués des autres, en ce qu’ils í'e prosternoient en terre, de la même manière par exemple queCeux de l’Ordre de St. François tl’AJJì/e adorent l’Hostie.
Quelques Auteurs ont recherché la cause de cette monstrueuse stature des Géans. St. Cyrille
Ç ) Paul. Burgenf. in Ibc.
C) Pliilo JHL (je Giganc. Gorop. Becanus IIGl / i \ IU t 0t ? ach ' Temporarius.
( 3 ) Joseuh. Am . L. 1 . c. z.
(4) Augustin- <*e civ.it. Dei, L. XV. c. 4. Chrysi„ loc Theodoret. Qusst, 48 . iu Geues Sa l,Xaichj, Abea Ewa,
f s ) N n m. XÎ 1 I, 33, 34.
<s> - R eg. XXV. 11. jerem. XXXVII. ij. 8 sxxx vm 1»
(71 D:ih:un FhyGco-Theol. L. V. c.4. Grew’s.Co molog. Satr. L 1. c . 5. 2 j.
(S! Homèf, Virgile.
ipì Bolduc in Tiact, de Ee>lef. ante. Legsnv,