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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Chap. I. 139Caïn , du côté de Père & de Mère, & nés avant qn’il y eût aucune allian-ce entre les deux familles *, se servirent de leur pouvoir pour dépouiller àée cfu& pour tirannifer ceux qui étoient plus foibles qu'eux. La nouvelle gé-nération, dont il s’agit, suivit le même train de vie; L ceux qui la compo- vai/j-C.soient, surent de pujjans hommes , qui de tout tems ont été gens de renom (<2). 3019.

Le Genre humain se plongea ainsi dans toutes sortes de vices, & la Sect. IV.postérité de Seth, qui avoit conservé son intégrité pendant quelques siècles patriar -devint à la fin , par son imprudente alliance avec la race de Cdin ì inf ettée chcs avantdev mêmes vices & de la même impiété; ainsi (nonobstant les exhorta-tiens qui leur étoient probablement faites de tems en tems par des per- ; "

sonnes pieuses envoyées de Dieu pour cet effet,) la Terre n’étoìt prés-que habitée que par des Scélérats, la vengeance divine auroit pu avec p er ja^ tjustice exterminer d’abord une génération si corrompue: mais, par un es- 120 années.set de fa miséricorde, Dieu Jeur accorda pour se repentir l'espace de cent& vingt années, pendant lequel (mais pas plus longtems) son esprit de-voir plaider avec les Hommes (£), ou tâcher de les détourner de leur mé-chancetés f.

Prélìca*tinn de'Noé.

Au milieu de cette corruption universelle il se trouva pourtant un Hom-

(H) Ibid. v. 3.

OO Genes. VI. 4.

l’atrribue à la colère de Dieu irrité contre leurs parens (r). Ceux qui les regardent com-

me descendans des Anges apostats, en donnent pour raison la force de ces Anges (2).D’autres expliquent ce Phénomène par la vigueur des enfans de Seth (3), dont les des-cendans , suivant quelques Auteurs, ont été en général de grande taille ; ceux de Caïnétant au contraire de médiocre stature (4).

* C’est-là le sens que paraissent avoir des paroles de Moyse: En ce tenu étoient des Géantfur la terre % & mime après tjue les fils de Dieu s accointèrent avec les filles des hommes,& qu 1 elles leur eurent enfanté lignée, & c, Pàr où il parait. qu’il doit y avoir eu deuxdifférentes races de Néphilim ; dont Pline commença de bonne heure à paraître dans leMonde , étant la postérité de Caïn ; & dont l’autre, née de l’alliance des fils de Sethavec les filles de Caïn (5) ne parut que quelques siècles après. L’une & l’autre subsistè-rent suivant toutes les apparences jusques au Déluge. .

{ Ce paffage a été traduit de plusieurs façons différentes : la Version Anglotfe semble avoirrendu le vrai sens de l’Original ; mais la Vulgate, la Version Syriaque, & celle des LXX , ex-pliquent le verbe tyv, dont il s’agit, par celui de demeurer dans un endroit : supposant que lesens en est, ou que Dieu ne laisserait pas toujours parmi les hommes fou Esprit d’Exhor*tation & de Support ; ou bien que l’efprit, ou le souffle de vie, ne demeurerait pas tou-jours en eux, c’est-à-dire, pas plus longtems que 120 ans, après quòi ils feraient détruits,s’ils persévéraient dans leur impénitence. Et c’est-là l’iuterprétatiou d ’Onkelos. Les Com-mentaires des Juifs fur ce Texte (6) contiennent bien des choses inutiles. Au reste, ceux.qui ont conclu de ce passage, que la vie-des hommes fut alors réduite à 120 ans (7),se trompent manifestement, puisque cette réduction ne fut faite que longtems âpres le Dé-luge; & St. Pierre parait approuver i’autre Cens, lorsqu’il remarque que la patience ehDieu attendait les hommes aux jours de Noé, pendant que l’arche fe príparoit (b). Cet-te notion néanmoins s’est répandue jusques parmi, les Auteurs Payens ( 9 Ì-

(1) Cyril. L;b. 3. : n Genes. (7) Joseph. Antiq. L- I. c - z. khilo de cigank.

( z} Franc. Valet, de Sacra Pbílof. c. S. Procop. in locum.

Hmdegg. Hist. Patriarch. Tom. I. p. 202. (8) r. Pet. XH. 20. Augustin, de civil, Dei L.

(4J C.hryloít. in loc. Eutycb. xv. c. 24.

(5) Hcrfegg. ubi íup. p. 185. ( 9 ) Ticb. Pollion, in Claud.

Idem. ubi lux. k> Z4â- Lee,