i6o HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
. Année duquelque tradition touchant un Déluge arrivé dans leurs Pays: mais il fautMonde reconnoître en même tems, que plusieurs de ces Déluges n’ont été que des"an/í^C ^ondaûons particulières, & par conséquent doivent soigneusement êtreVa *P99» >c l‘^ n ë u ® S Ce ^ ll i de , quoique plusieurs Ecrivains anciens & moder-Se C t VI. n . es confondent trés souvent ensemble *, & rapportent de l’un desDu Déluge, circonstances qui n’appartiennent qu’à l’autre.
--- Les difficultés, auxquelles semble donner lieu ce que Moyse rapporte du
Le Déluge Déluge, telles que font, par exemple, l’impoffibilité de trouver une quantitéa été mû- d’eau suffisante pour inonder la Terre, & le peu d’apparence qu’il y a queverset. toutes fortes d’Animaux ayent été conservés dans l'Arche, ces difficultés, di-sons-nous, ont porté quelques Sa vans à supposer que ieDéluge deNoé n’étoicpas universel, mais seulement national, & restreint â la Judée &auxPays voi-sins f j ou peut- être à cette étendue de Pays qui se trouve entre les quatre Mers,savoir la Mer de Perse , la Mer Caspienne , le Pont Euxin, & la Méditerranée(a) ; ou que tout au plus il ne s’est pas étendu au-delà ducontinenc à'Jjìe (b).Pour donner quelque couleur à cette supposition, ils allèguent, que, puisque3e grand but du Déluge étoit uniquement de détruire leGenre-humain,qui,pendant un espace de tems si limité ne pouvoit pas s’être répandu fur tou-te la face de la Terre, il n’étoit pas nécessaire de couvrir d’eau des Pays in-habités: &, quoique dans ce cas tous les Animaux du Monde (qui s’étoientprobablemenc plus multipliés que les Hommes, ayant été créés en plus grandnombre, & peut-être en différens endroits,) auroient pu n’être point dé-truits, ii'est clair pourtant qu’il étoit nécessaire d’en conserver quelques-uns dans l’Arche, pour la propagation â venir, &afin que les hommes pus-sent s'en servir immédiatement après le Déluge, ce qui sans cela auroit étéimpossible (r). II y a eu même un Auteur, qui a fait la supposition hardie,
(a) Le Clerc Dissertations. p. 540. Voíïïus de /Et. Muudi, p. 283.
(*) Stillingfleet , Orig. Sacr. L. III. c. 4. (c) Stillingtìeet ibid.
re, l’Empereur se mit à rire, & dit, „ Vous ne vous trompez point à l’égard du nom de„ Noé ; mais pour ce qui regarde le Déluge Universel, nous n’en avons pas la moindre,, connoissance. A-la-vérité le Déluge a inondé uue partie deja Terre, mais il n’est point„ parvenu jnsqu’à notre Pays, ui même jusques aux Indes (1)”. Ebn Shoknah met les Chi-nois au nombre de ceux qui nient le Déluge. _
* Non seulement le Déluge de Deucalion en Thessalie , mais celui d'Ogyges en Attique , &celui de Prométhée en Egypte , ont été pris pour celui de Nié (2 j. Les Inondations dont par-lent quelques Peuples Américains semblent avoir été nationales : du même genre étoit parexemple celle de l 'Asie Mineure , dont D- adore '3) fait mention; pour 11e rien dire de plu-sieurs autres dont W. Rakigh (4) fait Rémunération , & dont il a pris quelques-unes du fauxXénophon à’Annius.
j Melon , qui a composé un Livre contre les Juifs , parlant du Déluge, semble suppôtfer qu’il ne s’ell point étendu jufqu’à f Arménie Voici ses paroles: ,, A11 tems du Déluge, un» homme , qui eu étoit rechapé avec ses fils, quitta i 'Arménie eu éiant chaste par les habi-»> tans du Pays , & vint daus cette partie de la Syrie qui est pleine de Montagnes , & qui» étoit déserte alors (5).
fi) Ancieanes Relations des Indes & de la fa) Diod. Stc. Lib. V. p. 3 12.
Chine , p. 67, l+ ; mft, of the World. Part. I. B.I. c. 7. §. ff»
(2) Hsidegg. Hrft. Patriarch. T. I Eitérât. (s) Melo apud Euteb. d- Prsp. Ey. JL, i£#1? f. si. Temple des m u i' 6& A mít. 174». p. 13, c. -s.
24. &S.