DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Chap. I. 173
La capacité de Y/Jrche etoit suffisante pour contenir Noé, sa famille, ìcs du
animaux, ót tout ce qui leur étoit nécessaire. C’est ce qui est démontré par MondeJes calculs Géométriques de plusieurs Savans *, dont la plupart n’ont : 3 C 7 - A-donné que 18 pouces de longeur à la coudée (a) ; au-lieu que si nous ^ fprenons les dimensions conformément aux mesures rapportées ci-des- s vlV. Vl.fus, la capacité fera presque doubiée (b) , comme il suroît aisé de le DuDélngê.-prouver. --—-
Nais on a fàit une antre objection, (â laquelle il n’est pas si aisé de ré-pondre) contre la possibilité que les animaux ayenc été conservés dansl 'Arche. On demande, d’un côté, comment-certains animaux, qui ne se trou-vent à présent que dans Je Brestl, ou dans les Indes Orientales &. Occidentales, .ont pu venir dans l 'Arche , & ensuitese transporter dans ces Contrées qui fontséparées de Tendroit où étoit Noé y par un vaste Océan d’un côté, A par uneétendue de Pays pour ie mours aussi grande que sature (supposant qu’il y aun passage d’un Continent à l’autre , quoiqu’on n’cn ait point découvertencore); & de i’aucre, comment quelques-uns de ces animaux, qui meurentdans tout autre air que celui de leurs Climats, ont pu vivre dans celui que res-piroit Ncé (c)? Mais on peut répondre, qu’il est probable qu’avant le Délugel’air étoit si tempéré , que toutes sortes d’animaux, mêmes ceuxdelVA«^i*que , pouvoient vivre dans ces endroits del 'Asie où étoit 1 Lí/«7zí?, quoìqu’aucund’eux n’en ait pu supporter Je climat depuis le Déluge, à cause du change--ment que cette inondation a produit dans la Nature. La difficulté est de lestransporter en Jmérique après que le Déluge fut passé j & ici il faut avouer
(a) Buteo, da Arca Noé. Bishop Wilkin’s (A) Peletier Dissert. fur l’Arche de Noé.
Effiiy towards a real character. Vid. & eos iu (V) Stîlliuglleet’s Ol'ig, SaCr. L. III. C. 4. ■
poli àyuopii. p. 54 a. 0 0 f
tes les apparences, ressembloit à celle qui couvroit !e Tabernacle (le mot Hébreu employé ■dans les deux endroits étant le même,) & qui probablement étoit destinée à garantir lesfenêtres de l’impétuosité des vents & de la pluye.
* L’Evêque Wiìkrn a réduit le nombre des espèces d’Animaux (nombre qui à !a prémière -■vue parait presque infini) à une quantité très bornée. 11 ne fait monter le nombre des Qua--drupèdes qu’à cent , & à deux cens celui des Oiseaux, dont il faut encore retrancher les Oi- -seaux aquatiques, ceux qui viennent du mélange de deux espèces différentes, & enfin ceuxqui changent de couleur, de grandeur, & de figure eil changeant de climat, & qui paraissenten différens Pays être de différentes espèces. II entre après cela dans un détail particulier
fur les Animaux, fur la quantité de nourriture qui leur étoit nécessaire, & fur la capacité de •
l’Arche; & conclut qu’il y a vol t de la place de reste: fur quoi il observe, que quand on ail»roit consulté les plus habiles Mathématiciens & les plus grands Philosophes, pour qu'ils ré-glassent les proportions què devroit avoir un vaisseau destiné à l’ufage pour lequel l’Arche 'avoit été construite, ils n’auroient pu le faire avec plus de justesse qu’il eu parait dans la deserip- -bon que Moys e nous a donnée de ce Bâtiment (>). Notre dessein n’est pas d’éxatniner ici les tdifférentes figures que les Savans ont données à l’Arche, pnrce que ces figures ne nous appreu- -nent point 1 arrangement réel des parties de ce Vaisseau , mais seulement la possibilité qu’elles ••ayent été arrangées de telle ou de telle manière. Nous offrirons néanmoins aux yeux de nos sLecteurs le Plan de f Arche qui nous parait représenter le mieux cet ancien Bâtiment.
(l) Wskins L íí'iìy , &c.■ Teinpotaiii-Chionol. Deroonstrat, L. 1 . p. 32,-