I ? 8 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Année du P ar dessus les sommets des plus hautes Montagnes : mais il semble que cetteMonde terrible Inondation n’a point été accompagnée de quelque tempête violen-ts. te, Y Arche, comme nous l'avons remarqué, étant incapable de tenir laAvant j.C. mtr pendant un orage.
ç Ues cinq mois étant écoulés, Dieu fit passer un vent fur la Terre, & les
WEC n)/ J eaux commencèrent à baisser; les deux sources, qui avoient causé le Délu-Du é uge . g e ^ n > tn fourmssant plus de nouvelles. Le même jour qu’elles commencé*Les eaux rtnt a décroître, savoir le dix-septième du septième mois, ou !e deuxièmecommen- de Mai, elles baillèrent tellement, que Y Arche s’arrêta fur les Montagnescent à bah - d 'Arafat : & le prémier jour du dixième mois, ou le quinzième de Juulct ,f er - les sommets des Montagnes voisines se montrèrent. Quarante jours après,ou le 23 d ’Aout, Noé, pour mieux juger de la hauteur des eaux, ouvritla fenêtre de l’apartement où étoient les Oiseaux,& lâcha un Corbeau*,qui vola de côté & d’autre jusqu’à ce que la Terre fut sèche, mais ne donnapoint à Noé l’éclaircissement qu’il souhaitoit. C’est pourquoi ce Patriarchelâcha un Pigeon t à trois différentes reprises, mettant entre chaque foisl’espace de sept jours: la prémière fois, le Pigeon revint d’abord, n’ayantpas trouvé un seul endroit assez sec pour se reposer; la seconde fois il re-vint vers le soir, portant en son bec une feuille d’Olive qu’il avoit arra-chée , ce qui prouvoit que les eaux étoient considérablement baissées ; &la troisième fois il ne revint plus.
f aiiie Le prémier jour du prémier mois, qui répond à notre septième à’Oéìo-
* On suppose que le Corbeau sut envoyé, parce que Noé s'imagînoït que f odeur descorps morts l’ínviteroit à voler un peu loin de l’Arche (1); mais, au-lieu de cela, cet Oi-seau ne sit que voltiger autour de ce Bâtiment, ne pouvant consentir, à ce que disent lesJuifs , à s’éloigner de fa moitié (2). Quoique le Teste Hébreu dise que le Corbeau revint,cependant !a Vulgate, la Version Syriaque, & celle des LXX., marquent qu’il ne retournapoint ; ce qui a fait croire qu’il a péri dans les eaux (Z). Les Rabins ont inventé à cetteoccasion un Dialogue entre Noé & !e Corbeau. Le Corbeau demande pourquoi on senvoyeplutôt qu’un autre Oiseau? Et Noé répond, que c’est parce que ie Monde pouvoit fort bienl’e passer de Corbeaux, qui n’étoient propres, ni à servir de nourriture, ni à être offerts ensacrifice (4).
t Le pigeon fut envoy é, suivant toutes les apparences, à cause que c’est un Oiseau ex-trêmement privé, qui vole fort loin , qui cherche sa nourriture à terre, & revient à son nidd'une très grande distance (;). Quelques Juifs prétendent que le Pigeon prit la feuille d’Oli-ve dans le Paradis, d’autres fur la Montagne des Oliviers ; car, selon euxla Judée ne futpoint enveloppée dans le Déluge (6). De cette feuille d’Olive Noé pouvoit conclure, queles Collines les plus baffes, où ces sortes d’Arbres croissent ordinairement, n’étoient plus cou-vertes d’eau, & que les Végétaux n’avoient point été entièrement détruits (7). La Tradi-tion Challéenne s’accorde avec l’Histoire de Moyfe fur la circonstance des Oiseaux lâchés pafXifi/thrus (S). Et Plutarque dit que, suivant les Mythologues, un Pigeon fut lâché horsde l’Arche, & que fa sortie fut à Deucalion un signe de beau tems, & son retour une mar-que de tems orageux & mauvais (9).
(’) Bocharr. Hicroz. Part. II. h. XI. c. 12,[z) 1,1 Aguddah.
(ì ‘ Bochart. «bi sup.
(4) Eercshit Rabbah §. 33,
(s) Hochait, ubi sap. l. I. c. «,
(S) Beteshit Rabba. ubi sep.
(7) Bochart. ubi sep.
(s) Voyez ci dessus, p. i$2.
(S) Plut aï eh. de ioleit. Animal; p. í>«#*