DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Chap. I. i 9s
tnens construits par les prémiers hommes , qui craignoient au commence- Sect. vin.ment de descendre dans les plaines («). Ce Mont est au milieu d’une des Mmtplus grandes plaines qu’on puisse voir (/;), comme détaché de toutes les Arara *'autres Montagnes d ’Arménie , qui forment une longue chaîne (c). II adeux sommets (d), dont le petit est le plus pointu (e); mais l’autre, quiest celui fur lequel l’Arche de Noé s’arréta , est de beaucoup le plus élevé(/), & passe en hauteur toutes les Montagnes voisines (§) : ce derniersommet, qui est st haut & si épais que quand l’air est serein on diroit qu’iln’est qu’à deux lieues d ’Erivan (h) (ce qui a été cause qu’un Ecrivain,trompé par sa vue, n’a réduit la distance , dont il s'agit, qu’à une feulelieue (i) ) peut être vu à la distance de quatre ou cinq journées (£). D’au-tres Voyageurs néanmoins prétendent que la hauteur n’en est point ex-traordinaire (/) : l’un dit avoir passé une partie du Caucase , qui étoit beau-coup plus haute {m) ; & un autre assure que la Montagne, dont il estquestion, n’est qu’environ deux fois plus élevée que le Mont Vaìèrien prèsde Paris (n): que st le Mont Mafis paroit néanmoins si élevé, cela vient,discnt-ils, de ce qu’il est seul dans une vaste plaine ( o ), fur la partie laplus haute du Pays, & qu’aucune Montagne n’empêche qu’on ne le voie(p). Pour ce qui regarde la neige , dont tous les Voyageurs attestent quece Mont est [perpétuellement couvert depuis le milieu jufqu’au haut (q)
(comme aussi de nuages pendant deux ou trois mois de Tannée (r)) , onassure que ce n’est point une preuve de hauteur, puifqu’en Arménie lesplus basses Montagnes (/), & même de petites collines (t), telles que fontcelles qui environnent Ararat (u), font couvertes de neige, même en Eté.
Les Moines Arméniens racontent une infinité de fables touchant T Arche, Fables desqu’on peut voir toute entière (v), à ce qu’ils prétendent, ou du moins en ààie„sgrande partie , fur le sommet des Montagnes (x ), où il y a toujours quel-que chose de noir, qu’ils s’imaginent être l’Arche (y): cependant ìJs avouent 'en même tems,que personne n’y a jamais été, & qu’il est impossible d’y ve-nir (z) ; ceux qui ont entrepris de gagner le sommet du Mont , soit parzèle, soit par quelque autre motif, ayant été punis,ou du moins transpor-
(s) Cartwright or dis Preachers Travels,
р. 3°, 3 1 -
(b) Tournefort Voy. Lettr 7.
(r) Tavern. Voy. de Tunquin p. 18 r.
• id) Poullet, p. 131. Rubruquis de Tare.
с. 48.
(O Tournefort ubi sup,
(/) Newberry in Purchas, Part. II. p. 1417..(E) Tavernier, Poullet ubi sup. Cartwright,x. 32-
(h) Chardin Voy. Tora. 1 . p. 157.
(O Poullec ubi sup
(O idem p. rzo. Tavern. ubi fúp,
(/) Rubruquis ubi sup. Newberry,Poul-kr ubi sup.
Qn) Chardin ubi sup.
(») Poullet ubi sup.
(0) Tournefort ubi sup,
(/>) Poullet ubi sup.
(q) Tavernier, Chardin, Tournefort , &c,ubi sup.
(r) Tavernier ubi sup.
(/) Poullet ubi sup.
(r) Tournefort ubi sup.
(u) Cartwright ubi fup^
(v) Poullet, Chardin, ubi sup;
(x) Cartwright ubi sup.
(y) liáitho de Tartans, L.I. c, g.
(z) llubruq. Newberry, Cartwright,,Char-din, &c. ubi. íup-.