X 9 6 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. i. ~;
gECT.vm. tés par les Anges pendant la nuit , dans i’endroit d’où ils étaient partisDu Mont' de sour (a). Cela arriva, discnt-ils, à un Moine d’Ejmiadzin, qui futArarat. àns la fuite Evêque de N'sib'tn , nommé Jaques ; cependant, par une
—-grâce particulière, un Ange lui apporta le bouc d’une planche de l’Ar-
che; lui déclarant en même tems qu’ii ne dévoie pas fe donner d’inu-tiles peines, Dieu ayant défendu qu’aucun homme ne montât au som-met de la Montagne (b) , & ne voulant pas -qu'on mît en pièces unVaisseau qui avoit servi d’azile à tant de créatures (c). Mais si on leurdemande s’ils ont quelques reliques de l’Arche, ils répondent gravement,qu’elle est ensevelie fous de vastes monceaux de neige (d) ; ce qui est levrai charme qui empêche qu’on n’y parvienne (e), comme un AuteurArménien le reconnoic (/): charme qui suffit pour défendre l’Arche, sansqu’il soit besoin qu’un Ange s’en mêle. En dépit de toutes ces neiges , uncertain Miffionaire s’imagíne que le Paradis Terrestre est encore actuelle-menc dans quelque plaine agréable de cette Montagne, que Dieu garantitde la‘Chaleur & du froid , ik où les Prophètes Enoch & Elie j ouïssent demille délices, & mangeront du fruit de l’Arbre de vie jusques à la fin duMonde (g). A la-vérité la plaine au bas de cette Montagne peut être re-gardée comme un Paradis terrestre, au moins à en juger par la beauté deia, situation.
On ne sauroit douter que les Prêtres Arméniens ne fussent charmés depouvoir produire de meilleures preuves en faveur de leur Tradition ; voilàpourquoi ils disent quelquefois aux Voyageurs, que le Moine, dont il a été par-lé, a atteint le sommet d 'Ararat (h). Le Patriarche Arménien informaTournesort , que Dieu avoit accordé à un Saint la grâce de voir l’Arche el-le-même (i). Et Rubruquis apprit d’un Evêque, que la pièce de l’Arche' apportée à Jaques étoit dans son Eglise (k). Les Cophtes montrent aussi
dans leur Eglise, au vieux Caire e n Egypte (/) , une partie de quelqu’unedes poutres qui ont été employées à la construction de ce Vaisseau Pourbien juger du degré de croyance que méritent tous ces témoignages, nousne Durions mieux faire que de rapporter le récit que tait Tournefortdes peines qu’il s’est données pour gagner le sommet de la Montagne*,
dont
Cartwright, p. 34. Pouìlet, p. 31. &
Chardin, Tom. I p. 157.
(y\ Rubruquis c. 48. Chardin , ubi sup*
Tournefort , Voy. Leur. 7. P. Philippe, Voy.
I. T. II. c. 2.
(c) Tournefort, ubi iup.
U) lbid. .
(e) Chardin, Tournefort, Poullet, &c. ubi
sup. item Lucas Voy. I. Tom. II. c. 2,
(f) Haitho de Tartarie, L. 1 . c. 9.
(g) P. Philippe, ubi sup.
(h) Newberry in Purchas, Part. II. p. 1417.(i j Tournefort, ubi sup.
(d) Rubruquis, ubi Iup.
(.f) De Bruyn, Voyage au Levant, Vol. I»C. 35- P *9°
„ * Nous commençâmes, dit cet Auteur (t), à monter ce jour-Ià le Mont Ararat fur les deux„ heures après midi, mais ce 11e fut pas fans peine. U faut grimper dans des fables mouvans„ où l’on ne volt que quelques piés de Genièvre & A'Ewie tle bouc Cette Montagne est uudes plus tristes & des plus désagréables aspects qu’ìl y ait fur la Terre. On n’y trouve ni„ Arbres ni Arbrisseaux, encore moins des Couveus de Religieux. Mr. Struys nous a u toit
,,
íi) Tournefort, Voyage, Lettre VII,