DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Chap. I. 213
m , auílì-bien que ceux qui íonc au Septentrion de ces Mers, la grande Tar - Année dutarie , avec l 'Inde &. la Chine. Ajoutons à cela les Colonies Européennes qui Délugeont été s’établir en Amérique il y a quelques Siècles; car , pour ce qui re- 35 °-garde les habitans primitifs de ce Continent, il est incertain de quelle des Av 2 Xjj 'trois Branches ils font descendus. La seconde partie del’Oracle, savoir S CT j 5que Japhet logerait dans les tentes de Sem , semble regarder le renversementde l’Empîre Assyrien par les Mèdes unis aux Babyloniens, auffi-bien que les ^ 0,t  j*Conquêtes des Grecs & des Romains en Asie: Conquêtes auxquelles Balaamf e ° S hescen-fit allusion dans la fuite, lorsqu’il dit (a) , que des Navires viendraient des dam.
quartiers de Kittìm , b affligeraient Afflur & Eber , c’est-à-dire , qu'ils affli---
geroient les Assyriens , & ceux qui demeuroient au • delà de l ’Euphrate *.
Ajoutons à cela, que, dans le même tems que les Descendans de Japhetdemeurèrent dans les tentes de Sem , ils eurent pour serviteurs les Descen-dans de Cam, en subjuguant les Babyloniens , les Cananéens , les Egyptiens,
& d’autres Nations descendues de cette Branche; ce qui servit d’accom-plissement à la dernière partie de la Prophétie de Noé.
Cette Prophétie semble aussi avoir en vue l’état de la véritable Religion,renfermée dans la Race de Sem,pendant un certain espace de tems,qui pourroitfort bien avoir été terminé à la venue du Messie (b). Car, depuis la venuede Jèsus-Chrijlyh connoissance du vrai Dieu a été beaucoup plus répandue par-mi les Descendans de Japhet , qu’elle ne l’étoit auparavant parmi ceux deSem, n’ayant été presque communiquée jusqu’alors qu’au seul Peuple Juifflquoique les Mahométans ayent mis Japhet au nombre des Prophètes (c ).
La Version des LXX., suivie par Eujèbe & par quelques autres (d), fait
(«) Num. XXIV. 24. (d) Euseb. Chrome. L. I. p. 8- Chronic.
(t>) "Voyez plus bas. Alexand. Augustiuus.
(c) D’Herb. 13ibl. Orient. Art. Japhet.
* Suivant l’Opinion commune, il faut entendre Ici, par Eber, les Hébreux ou les Juifs ;mais un savant Auteur combat ce sentiment par les raisons suivantes. 11 remarque que ce sensest directement contraire au but du passage , & suppose que Balaam a béni òt maudit les En*fans d 'Israël dans le même instant, en prédisant leur destruction (1) : c'elì pourquoi il prétendqu 'Eber désigne la íkuation d’un lieu, & non pas telles ou telles personnes, ce mot signifiantau-delà du Fleuve (2), comme cela paroit par plusieurs pastàges de I’Ecrituke ( 3). A cetteoccasion, l’Auteur, que nous citons , corrige le Texte, dont il s’agit (4), en lisant les parolesainsi : & ih viendront des quartiers de Kittirn, 6? affligeront Assur , & Vautre côté du Fleuve(Z), c’est-à-dire, les Pays situés au-delà de l ’Euphrate. Au reste, il ne semble pas nécessairede supposer que le dernier <S?, avec les mots qui ie suivent,font une explication des mots pré-cédens, comme le pense notre Auteur; puisque , exactement parlant, Jfflur est au-delà du Ti-gre, & que du tems de Balaam l’Empire assyrien ne s’étoit pas étendu à l’Occidenc jusqu’à\'Euphrate-, d’ailleurs , quand cette Prophétie eut son accomplissement, Afur é toit renfermédans íès prémiéres bornes, & assujetti à lïlatn ou aux Perses ; comme auífi les Babyloniens &les Habitans ou la Mésopotamie , que nous croyons devoir être entendus par Eber,
ou 1 autre côté du Fleuve, c’est-à-dire, l’ Euphrate.
(j) tìyde de Rel, Vet. P«s. p, js. f 4 ) Num. XXIV. - 4 -
(2) Jbid. j7. > s ) H yde, ubisup. p. S 7 .
0 ) lbia* p* 50, oc c.
Tome L
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