Buch 
1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
Seite
233
JPEG-Download
 

!

DEPUIS LA CREATION JUSQU’AU DELUGE, Chap. II. 233

ont été désignés par ce nom, à cause que ce Patriarche a passé ìes Riviè- Année cjures qui se.trouvaient fur fa route depuis Irâk ou la Chaìdée , jusqu’en Sy- Délugerie (a)-, si bien qu’un Hébreu, suivant le sens original du mot, ne signifie 35 °-autre chose qu’un homme d’au-delà de Y Euphrate. Avat ( ! t ,|' c *

En conséquence de la même Opinion, les Anciens & les Modernes ont Jcru communément, que la Langue Hébraïque a aussi tiré son nom d 'Eber, Sect ' ’& qu’au tems de la Confusion des Langues, elle fut uniquement conser* f evée dans la Famille de ce Patriarche & de ses Deseendans (b) *. Mais/J Befcen-comme la prémière partie de cette Assertion n’est pas mieux fondée que -àr.

l’Opinion précédente, de-méme la dernière est évidemment fausse,la Lan--.

gue Hébraïque ayant été en usage chez un Peuple qui n’avoit aucune affi-nité avec la Famille à'Eber-, je veux dire, les Phéniciens, ou Cananéens,qui du tems à’Abraham pariaient Hébreu, ou du moins un Langage trèsapprochant.

(a) AbuITarag. p. n. Ilyde de Rel. Ver. {b') Ebn Amîd.p, 14. Shalsh. Hakk.p. 803.Pers. p. 47. &c.

On répond au second Arguraenr, que le mot Eber, dans te Texte qui vient d'être allégué,ne désigne point une personne, mais un lieu, & que par conséquent ce Texte ne parle pointdes enfans du Patriarche Eber, mais du Peuple qui demeurait d’un des cotés du Pleuve, en-tendant par-là l’ Euphrate ou le Tigre, ou même s un & fautre, car ce font - là les lieux qu’ahabités la postérité de Se m. Ajoutons à cette Observation, qne si l’on prend' ici Eber pour unnom propre, il faudra entendre pas ses enfans, non seulement les Hébreux proprement ainsinommés, qui font descendus de lui par Péìeg, &, les Arabes, qui étoient la postérité de Jok-tan & établis en-deçà du Fleuve, mais aussi ceux qui demeuraient de sature côté, soit enMésopotamie, Chaldéc , ou 1Elymaïs. Mais jamais Moyse 11’a pu avoir le.dessein de faire Senten ce sens-la Père des enfans d 'Eber-, ce caractère étant trop vague pour éclaircir quelquechose qui eût rapport aux Hébreux ou Juifs, & trop borné pour faire grand honneur à Sent,qui étoit le Père de plusieurs Nations, dont quelques-unes étoient bien plus considérables quecelles qui descendoient d 'Eber.

Ii semble par conséquent, que rien ne favorise cette Opinion, à moins qu’on ne dise queMoyse en cet endroit a voulu faire une espèce de compliment à la postérité à'Eber en géné-ral , sur sa parenté avec les Juifs, comme étant des branches collatérales du même Ancêtre :mais nous aurons occasion de nous étendre davantage lur ce point, quand nous serons parve-nus à filistoire d’ Abraham.

* La Confusion des Langues, ayant été considérée comme lin châtiment de témérité deceux qui entreprirent de bâtir Babel,. plusieurs Auteurs, extrêmement prévenus en faveur d'E-ber, ont présumé que la postérité de ce Patriarche,, que Dieu avoir destiné à être la tige deson Peuple, & le dépositaire de la véritable Religion, n’a eu aucune part à cette entreprise^,ni par cela même à la punition qui en fut la suite. Mais si les enfans à'Eber n’ont point misla main à fœuvre, la jndheme raison que nous en puissions rendre, est qu’ils n’avoieiu pasencore i'àgs nécessaire , la Dispersion étant arrivée au tems de la naissance de Péìeg, qu 2plusieurs supposent avoir été le fils aîné à'liber: car c’est une chose incontestable, quêtonsîes deseendans de Sent, de Cam, & de Japhet , ont eu part à f entreprise dont il s’agít(1). Qu°i qu’il en soit, il est clair que !e châtiment est tombé aussi sur la postérité d’£-ber , le langage des deseendans de ce Patriarche s’étant ressenti de la confusion vengeressedont nous parlons : témo : n la différence qu’il y a entre l 'Arabe (le langage de la postérité!de Jok'arì) òi Y Hébreu, pour 11e rien dire du Chaldéen. 1

(r) Cî-dessous Sect;. I-V*.

Gg 3