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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LE DELUGE JUSQU’A ABRAHAM, Cha?. II.

SECTION V.

De la Confusion des Langues.-

/'"'Omme la Confusion des Langues forme la matière de cette Section, on Sncr. v.ì-^s'attend fans doute d’y trouver quelques considérations fur l’Origine de Confusionla Parole, qui est un des caractères distinctifs entre nous & les Ani- Lm 'maux, un des grands liens de Ja Société, & un moyen admirable par 6 *lequel les Hommes se communiquent les uns aux autres leurs connois- De tOri.fan ces & leurs pensées. gìne de la

Ceux qui respectent l’autorité de Moyse , ne fauroient guères révoquer en parolc ‘doute que le talent de la parole ne fût une espèce de don que Dieu accordaau premier homme: non pas que nous croyions que cet Etre souverain luiait inspiré un langage primitif ; mais nous disons seulement, qu’il fit sentir àAdam, qu’il étoit doué de la faculté d’articuler des sons*,&qu’ilpouvoitseservir de ces sons comme de signes pour exprimer ses idées. Nous ajoutonsque Dieu laissa ensuite au premier homme la liberté de choisir les sons aux-quels il voudroit attacher telle ou telle idée f, comme cela paroit par ce

♦ Nous ne saurions concevoir, que des sons inarticulés ayent jamais été employés parquelques Peuples pour exprimer leurs pensées, ni qu'on puisse en produire quelques exemples,nonobstant les contes qu’ont fait fur ce sujet quelques Voyageurs. On prétend que les Sa-tmède ;, qui habitent les côtes de Sibérie, & de la Mer glaciale, n’ont rien d’huinain que lafeule figure extérieure; & que les sons qu’ils forment méritent auífi peu le nom de paroleque le caquet des Singes (i); que dans la Groenlande les Naturels du Pays forment des soussemblables à des cris de Bêtes, & tels, que ni Danois, ni Hollandois, n’ont pu jusques à pré-sent les imiter (2); & que le langage des Hotíentots approche plus du bruit que fait avec songosier un Coq d’Iude, que de celui d’une voix humaine (3). Mais on pourroit demander,fi tous ces Auteurs étoient Juges compétens fur ces matières, n’entendant pas les Langue*de ces Nations. Et ce qui donne un nouveau degré de force à cette Objection est, qu’aprèsun examen attentif, on trouve que le langage des Hottentots, qu’on avoit regardé commu-nément comme ayant des sons moins articulés qu’aucun autre, n’est nullement à mépriser ; &que ceux de la Colonie Hollandoife au Cap de B orne •Espérance entendent cette Langue,& la parlent passablement bien.

t Mahomet suppose dans sou Alcoran , q u'Adam n’a connu les noms des choies, que par ré-vélation. Ce faux Prophète prétend, qu’au tems de la Création, les Anges ayant marquéquelques fentimens de mépris pour l’homme, Dieu enseigna à Adam les noms des choses:ensuite il demanda aux Anges comment elles s’appelloient ; ce que ceux - ci ayant avoué sur-passer leur connoissance, Dieu ordonna à Adam de les nommer, ce qu’il fit: après quoi, lesAnges, par ordre de Dieu, rendirent leurs hommages à Adam comme à leur Supérieur (4).

(3) Nieuhoff, p. 1 B*.

Al Korân , c. r. v. 3».

Mm 2

( 1 ) Ides, P. 9 4-

\i) Ten llhyne, p. *44.