2 7 o HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. V. que Moyse rapporte: savoir, que Dieu jîf venir vers Adam toutes les bêtes desConfuíìon champs é? tou { ks oiseaux, pour voir comment il les nommeroìt, k§ qu à chaquede î Lan- c } 10 s e ayant vie ainsi ga’Adam la nommeroit , ce fût son nom ( a ). Par où ilS s eS ', j pareil, qu il est très probable, qu’outre cette faculté naturelle dont DieuDéluge * 6r appercevoir à Adam qu’il étoit doué, l’Origine de la Parole n’a été au-401. tre chose que l’assemblage de plusieurs sons arbitraires, dont les premiersAvant J.C. 0 nt été employés à signifier les choses les plus communes, & les autresa5i>7 ’ dans la fuite à en désigner de plus extraordinaires. Au reste, nous croyonsqu’il est très possible qu’ Adam sc soit formé une espèce de langage de cet-te manière : &, si la chose est possible , il est très raisonnable de lacroire vraye à moins que de vouloir multiplier les miracles fans né-cessité.
C’est pourquoi nous ne saurions être du sentiment de ceux qui s’imagi-nent que Dieu forma lui-même une Langue, dont il donna ensuite la con-noissance à Adam par inspiration *. Outre cela, la plus grande partie de la.Langue primitive, quelle qu’elle ait été, & les noms de plusieurs choses, doi-vent avoir été inventés plusieurs siècles après la Création à’Adam, à mesu-re que le Oenre-humain faisoit de nouvelles découvertes dans les Arts, &étoit frappé, par de nouveaux objets. Pour ce qui regarde la plupart desAnimaux, il est naturel de supposer qu 'Adam en a désigné les genres pardes noms, quoiqu’il ne soit pas apparent qu’il ait fait la même chose à l’é-gard de toutes les espèces; bien moins encore, qu’il ait donné des nomsà tous les Reptiles, à tous les Arbres, & à toutes les Plantes. Les Poissonsà notre avis, n’ont point été amenés à Adam pour être nommés,- car si ] achose étoit arrivée, il y a apparence que Moyse en auroit fait mention, lesPoissons de la Mer étant la prémière partie de la Création, fur laquelle Dieu;avoit donné domination à l’Homme (b).
Plusieurs Sa.vans néanmoins ont cru, que la prémière Langue avoit
(íî) Genes. II. ig.
(b} GeneC I. 26, 28.
* Les mots,qu’on traduit ordinairement, l'hnmme fut fait en ame vivante (i), font ren-dus par les Paraphrastes Chaldàtques par ceux-ci, le souffle que Dieu lui avoit inspiré devinten l'homtne une ame parlante. La plupart des Juifs supposent que la prémière Langue (qu’ilss’imaginent avoir été la leur) a eu Dieu pour Auteur, & a été communiquée par i u j à Adam.(2). Quelques-uns d’eux pensent que Dieu lui communiqua cette counoilsance, en lui en-seignant seulement les parties fondamentales- de la Langue, & les racines des mots (3). D’au-ires croyent que cet Etre suprême est entré dans un bien plus grand détail, en apprenantau prémier Homme jusqu’aux lettres, aux points, & aux- accens (4).
Cette notion., que quelques Chrétiens ont embrast'ée, & particulièrement Eunomius, qui,parce que Dieu est introduit par Moyse comme parlant avant la Création, étoit de sentimentque quelques mots avoient une nature éternelle & immuable, a été vigoureusement attaquée.Par Grégoire de Nyjse, qui dit que c’est une chose impie & absurde de s’imagíner que Dieufe fou arrêté & abaissé à inventer des noms pour désigner les choses (5),
f D Oenel. 11. Tm (4) R. Juda Hallevi. Muscat Ephodeus , 8 rc-
(î Replier Cozri. Giegoi. Nyslîen, C aima Eunom. L. XXL-
( i)/ I*» Abicivnicîi.