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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DEPUIS LE DELUGE JUSQU’A ABRAHAM, Chap.II. 271

eu Dieu pour Auteur: & Platon lui - même paroit avoir été de cette opr Sect. v.nion ; supposant que les noms des choses avoient originairement une con- Confusionvenance naturelle avec les choses, & ne sauroient avoir été des signes sim - lles Lan ~plement arbitraires, par cela même qu’ils avoient été imposés par les gues "Dieux (a) *. Et c’est' en partie de cette notion, suivant toutes les ap- A'à'e aparences, que font venues les prétentions superstitieuses de certaines Lan- e ^ ugués , qu’on a affecté de regarder comme plus saintes que d’autres , Avant J., C,dans la supposition qu'elles avoient Dieu pour Auteur. . asuf!

Mais si d’un côté nous ne trouvons pas qu’il soit nécessaire de supposer 'J’inspiration d’un Langage, de l’autre nous ne saurions concevoir qu A-dam ait acquis l’habitude de parler, fans le secours de Dieu, en auffi peude tems que Moyse semble l’insinuer. A-la-vérité il est apparent que leshommes ont perfectionné peu à peu leur Langage, mais il leur a fallu untems assez considérable pour cela: voilà pourquoi ceux à qui les Ecrits deMoyse étoient inconnus, ont été de sentiment que les hommes é toi en c muetsau commencement, & que le besoin seul de communiquer leurs idées leura appris à parler f. Plusieurs Anciens ont cru que, pendant les premièresannées du Monde, les hommes ont exprimé leurs pensées par des signesmuets, des gestes, os des sons confus, auxquels aucune signification n’é-toit attachée ; & que dans la fuite ils se sont appliqués à former unLangage proprement dit, qui ne fut porté à un point de perfectionun peu considérable, qu’après un long espace de tems (b).

Si nous considérons l’état primitif d 'Adam, & le petit nombre de choses ptémìè-auxquelles il eut occasion de donner des noms, nous n’aurons pas de peine à re La ”f uecroire que la Langue qu’il parloit a voit très peu d’étendue ; car si nous retran-

won,

(a) Plato in Cratylo. & in Protagora. (b) Diodor. Sic. L. I. p. S. Lactant. de

^ veto Culcu. L. X.

* Voici les paroles de ce Philosophe: '0»°^«rG^ cfîlir,*» chat exarq, 1 St ’ínm púa-ci a-t-çvxvUi ( 1). Et dans un autre endroit, eu rà n pu r u hlptata, «« âut ««ì h* ravr*

%%tt ( 2 ).

f Horace exprime cette idée dans les Vers suivans:

Quum prorepserunt primii animait a terris ,

Mutum ac turpe pecus, -

Donec verba , quibus voces senfusque mtarent ,

Nominaque invenere (z).

Lucrèce dit la même chose en d’autres termes:

Ht varios lingute sonitus natura subegitMistere , utilisas exprejjìt nomìna rerum (4).

Ce dernier Poète tourne auffi en ridicule ceux qui n’attribuent gu’à un íeul Homme l’Aîtde parler ( 5 >

U) Luciet. de Rerum Nat. L. v, v. 1027. L c.(j) Ibid, v. 104®. kc. Vittiiv. de Aichit. L,

!l» Ci ïf

(1) Plato in Cratyl. p. ;zs, Ed. Sciraai.

(2) Ibid. p. 4:5-

(3) Hoiat. Semi, L, I. Sst, III, v. f s. Si c.