27L HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sfct.V. chions de nos Diction aires tous les mots introduits parl’invention des diffé-Consusion rens Arts,par les distinctions exactes des diverses espèces de Créatures, &fies Lan- par les notions Métaphysiques concernant les opérations de l’Ame, le reste negués. seroit pas grand’ chose: par où il paroit que quelques Siècles ont dû nécessai*Année du rem ent s’écouler avant qu’aucune Langue ait pu este à peu près auffi parfaiteDe ^ m que nos Langues modernes. Conformément à cette idée, Scaliger considère■Avant J.C. trois causes qui ont contribué, d’ábord à former, & dans la fuite à perfection-2597 - ner le Langage; savoir, la nécessité, s usage, ■& l’agrément. La prémière for-
■-- ’ ma cette Langue imparfaite, ou plutôt cet estai de parole, dont nous avons
parlé ci-deífus. La seconde produisit un Langage dont les mots étoient plusnombreux, & les manières de s’exprìmer plus distinctes. Mais la troi-sième alla plus loin encore, & joignit aux Mots & aux Phrases la ma-nière de les tourner avec élégance (a).
sniy a eu On demande s’ii y a eu plus d’un Langage avant le Déluge, & cetteplus d’un Question est très problématique; quoiqu’il soit plus raisonnable de supposerLmgage .(^'h n’y en ait eu qu’un , dans lequel il y a peut-être eu quelque différence de“■Déluge. Dialectes, mais peu considérable; car le petit nombre de Siècles qui s’estécoulé entre la Création & le Déluge, & la longue vie des hommes d’a-lors, ont dû nécessairement empêcher des altérations plus importantes.Quoi qu’il en soit à cet égard , il est probable que la seule & uni-que Langue primitive a été conservée par Noé, & a été parlée par sesdescendans tout au moins jusqu’au tems de la Confusion des Langues *.•R-cherche On s’attend peut-être que nous allons entrer ici dans de profondes discus-tnuchant la sions pour déterminer quelle A été cette Langue primitive qui a été en usa-primitive. § e c ^ ez ^ es pfémiers habitans du Monde. Mais comme cette rechercheest plus curieuse qu’utile, & que nous ne saurions savoir avec quelque espè-ce de certitude si cette Langue, quelle qu’elle ait été, existe encore (b),tout ce que nous pouvons faire se réduira à montrer la vanité des préten-sions de ceux qui soutiennent que leur Langue est cette Langue primitive;plusieurs Peuples ayant fondé leur antiquité fur cette preuve f, & ayant
en-
(«) Scalig. m Poëdc. L. I. c. i. (J>) Grot. iii Genef. XI. i. & Cluver.
Genn. Antiq. L. 1. c. 8. p. 59, 6o.
* Dans la supposition même qu’il y a eu plusieurs Langues en usage avant le Déluge, &que Noé & les trois fils les favoient toutes, il est très apparent qu’ils n’ont appris qu’une Lan-gue commune à leurs enfans, qui à leur tour ont transmis cette même Langue à leurs descen-dans; si bien que la connoissauce des autres Langues s’étant perdue à la mort de ces premiersPatriarches, il n’y a eu qu’une feule Langue de reste parmi le Genre - humain au tems de laConstruction de Babel.
t Fsammétìchus , Roi S*Egypte , semble avoir été de ce sentiment; car souhaitant de sa-voir qui étoient les plus anciens Peuples du Monde, après plusieurs expériences inutiles,il s'avisa à la fin de l’expédient que voici. 11 prit deux Enfans nouvellement nés, & les don-na à élever à un Berger, lui commandant d’erapécher que qui que ce filt ne prononçât unmot qu’ils pussent entendre, & de les nourrir de lait de chèvre, jusqu’à ce qu’íls fussent enétat de supporter une autre nourriture. Fsammétìchus cherchoit à connoître par ce moyeuà quelle Langue appartiendroienc les premiers fous que ces Enfans viendraient à articuler ; s’i-maginant (comme d’autres ont fait depuis) qu’ils parleraient naturellement ia Langue primi-tive ,
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