DEPUIS LE DELUGE JUSQU’A ABRAHAM, Chap. II. 273
ensuite, par une espèce de cercle, allégué leur antiquité comme démon- Sect. V.trant que leur Langue est la plus ancienne Langue du Monde. Confus
Outre ces sortes de Langues, que nous désignons ordinairement par le nom des Lan-d’ Orientales, celles des Arméniens, des Celtes , des Cophtes , des Grecs , desFE.Teutons , & des Chinois , ont prétendu, chacune en particulier , être les plus Annáe duanciennes. Les Arméniens , les Celtes , & les Cophtes , n’ont presque rien à Dé,ugealléguer en leur faveur, que l’antiquité de leurs Nations;quoique les pré-Avant 1 ! ciniers ayent soutenu que l’Arche s’étant arrêtée dans leur Pays, ôí Noé 2597!
avec ses fils y ayant resté quelque tems avant que de passer en Chaldée , il --—
est juste de supposer que la Langue qu’ils parloient ait été conservée en Cet ^°s'Arménie. La grande abondance de la Langue Grecque a porté quelques An- ™Tnbué àteurs à la regarder comme la plus ancienne (a). Un Ecrivain Frison ( b ) a dìféren-travaillé même à dériver les mots Hébreux du Flamand ou du Tcutonique. tes Lan-Et pour ce qui regarde les prétentions des Chinois , elles font appuyées (c) > sues ‘non seulement sur la grande antiquité de cette Nation , sur la connoissan-ce qu’ils ont eue des Arts & des Sciences depuis plusieurs lìècles , & s urce qu’ils n’ont été que peu ou point mêlés avec d’autres Peuples , maisaussi fur la nature & la singularité de leur Langue même. Cette Languene consiste qu’en peu de mots, presque tous monosyllabes; est très simpledans fes constructions , n’ayant aucune variété de déclinaisons ou de con-jugaisons ; & si modeste , qu’on assure quelle n’a point de termes pourexprimer ces parties que la pudeur nous porte à cacher ( d) : toutes mar-ques , qui semblent désigner le prémier Langage du Genre-humain ; pourne rien dire de la présomtion rapportée ci dessus , savoir que Noé a été leFondateur de la Nation Chinoise (e).
Par rapport aux Langues Orientales, quoique chacune d’elles ait fes par-tisans, la plupart des Ecrivains Orientaux donnent la préférence à la Syria-que, telle qu’on la parloir en Mésopotamie , en Chaldée, & en Assyrie ; le Gen-
(a) Eutych. Annal p. S°* . , GO Semedo Rel. de la Cma , Parte I.
(b') Goropius Becanus, in Origin. Antuerp. c. 11 .
(c) Webb’s Efí'ay towards the primitive (ej Supr. p. 209, Note .
Language.
tive, en cas qu’on ne leur en eût point enseigné d’autre. Au bout de deux ans, comme leBerger emroit un jour dans l’eudroit où les eufans étoient, ils coururent à lui, en lui ten-dant les mains, & en criant Beccos. Le Berger se contenta d’abord de retenir ce mot ; maisremarquant ensuite qu’ils le répétoient fréquemment, il en informa le Roi, qui se fit amenerles enfans. Ce Monarque, leur ayant entendu prononcer le même mot, s’informa s’il étoit enusage chez quelque Nation ; & apprenant que les Phrygiens s’en servoient pour désigner duTain , lui & les Sujets regardèrent la chose comme une preuve que les Phrygiens étoient lePeuple le plus ancien. Hérodote remarque que les Grecs, parmi d’autres circonstances fabu-leuses racontoienc que ces enfans furent élevés par des femmes, à qui , pour que le projet fûtplus sûrement exécuté,le Roi avoit fait couper la langue (j). Le Scholiasie d’ Aristophane (2)raconte la même histoire d’un autre Roi à'Egypte , nommé Séfonchofis.
Herodot* Eutexp. !u iuitio. Suidas, in voce (2) Aristoph. Nubcs» p* 149 > ijo.
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