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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Sect; V.Confusionîles Lan-gues,

Année duDéluge

401.

Avant J. C,2597 ‘

Examendes préten-tions de latangueHébraïque.

274 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

re-humain s’étant établi dans ces Pays-là peu de tems après le Déluge , Sc.y ayant apparence que le Langage de Noé & de ses fils ait été conservé ences Contrées. C’est pourquoi les Auteurs Arabes les plus judicieux ontreconnu que Tarah fils de Kahtan (ou Jérah fils d tjoktan) a été le prémierdont le Langage s’est éloigné du Syriaque pour s’approcher de Y Arabe : Scils ont très peu d’égard aux prétentions de quelques - uns de leurs compa-triotes , qui soutiennent qu!Adam, avant sa chute, parloit Arabe , & qu’en*suite cette Langue fut changée en Syriaque, mais rétablie de-nouveau dansfa première pureté en faveur de fa repentance;ils ajoutent que nonobstantcela, quelque tems après, cette Langue subit encore le même changement,& eût été entièrement perdue sans Jorham, qui fut conservé avec Noé dans.l’Arche, Sc qui en transmit la connoiffance à sa postérité (a).

Les Défenseurs de la Langue Syriaque ont tâché de prouverqu'elle étoitplus ancienne qu’aucune autre, en faisant leurs efforts pour dériver de cet-te Langue les noms des personnes & des lieux dont Moyse fait mention (b),Sc , généralement parlant, beaucoup plus heureusement que ne le prétendentquelques Auteurs *: mais cet Argument , quoique regardé communémentcomme démonstratif, ne prouve néanmoins rien, comme nous le feronsvoir dans la fuite. Cependant nous sommes obligés de reconnoître , quefi quelqu’une de ces Langues a droit de prétendre qu’on doive la regardercomme Mère des autres, il semble que ce soit\a Syriaque t qui probablementa été la Langue en usage parmi tous les Patriarches depuis Nié jusqu k Abra-ham ; cette Langue ayant été , après la Confusion, celle qu’on parloit dansle Pays où ils font nés, & où ils ont vécu : quoique, pour dire le vrai, il nes’ensuive point de là qu’on s’en soit servi avant la Confusion dont il s'agit.

Mais, de tous les Défenseurs de l’Antiquit é de leurs Langues, les Juifs fontfans contredit les plus zélés. Ils prétendent devoir la Langue Hébraïqueimmédiatement à Dieu lui-même: que cet Etre Souverain s’en est servi, &que c’est pour cette raison qu’elle porte le nom de Sainte: que c’est le seulLangage que les Anges entendent, & dans lequel nos Prières doivent être

(íï) Pocock. Orat. Pries, in Carmen To- (D Theodoret. Qua*st, 51. m Genes.grai, & Specim. Hist. p. 38,40.

* On remarque par exemple que la Varonomajte , dans ce passage, (Elle fera appellie hom-tnejfe [Ishshahj, parce quelle a été tirée \nte-hj{\ de llmnme (>),) n’a point été conservéedans les Traductions Chaldàìques & Syriaques, dans lesquelles, au-lieu des mots hh & Ishshah,on trouve ceux de Baal & d ltta , ou Gabro & Atto', d’où quelques-uns ont conclu , queles Traducteurs n’ont pas pu exprimer l’allusion en Syriaque (2): mais à tort, puisque les Sy-riens forment du masculin Gabro le féminin Gbarto , ce dernier mot se trouvant dans leurs Olc-tionaires & dans leurs Grammaires, quoique les Traducteurs n’en ayent point fait usage,parcequ’il étoit trop antique. O11 objecte aufïï (3), avec auffi peu de fondement, que dans la Lan-gue dont il s’agit , Alam ne signifie point Homme , ni Caïn Poffcffton. Nous aurons occasiond’obferver dans la fuite , que quelques nomi, qui se trouvent dans les Ecrits de M r >yfe , ontété plus heureusement dérivés du Syriaque, que de l’ Hébreu.

ko Genes. II. 23. tius Oibis Linguis, p. 4.

(i) Heìdegg Hiít. Patriarch. T. I. Exerc. 16. (s) Heìdegg. ubi lup.

J. 13. Njchonbn Diileit. Philologie, de iiniv. to- .