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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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276 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

S îí ct. V. les vrais noms originaux, il n’y auroit pas lieu du cour de s’étonner, si quel-Consvjton ,ques-uns d’eux étoient par hazard susceptibles d’une étymologie Hébraïque,fies Lan- de p are illes conformités accidentelles fe rencontrant quelquefois dans desArmée du noms qui sûrement n’ont pas la même origine. Z. Plusieurs de ces nomsDéluge se dérivent mieux de quelque autre Langue Orientale que de Y Hébreu*-.

401. & la plupart des étymologies, que Moyfe même donne, font déduites fans

Avant J. c. auC u n égard aux Règles d’Analogie qui font en usage à présent f. 4. Un2597 ’ petit nombre d’heureuscs Paronomafies ou Ailusionsne fauroit renverser no-

tre thèse, parce qu’elles peuvent être des effets du hazard ; & de faícquelques-unes de celles dont Moyfe fait mention, peuvent être expriméesen d’autres Langues auísi-bien qu’en Hébreu Z.

seau, & se conserver. Mais Moyfe, trouvant que le verbe Hébreu rwo imiha, tirer dehors,avoir quelque affinité de son avec son nom , & avoir auíïï quelque rapport à l’occafioiîqui le fit appeller ainsi, fa écrit Mosheh ; & introduit la fille de Pharaon disant qu’ellelui avoit donné ce nom, parce que Mashitihu , je Pai tiré des eaux (r).

* Ainsi Abel, ou fie bel, qui signifie vanité , ou une vapeur, en Hébreu , ne paroi t pasavoir été un nom fort convenable au second fils à' Adam : auíïï Moyfe ne rend - il aucune rai-son pourquoi il a été imposé. Au-lieu que ce nom est très propre, si nous le dérivons duSyriaque Yhab îl, qui répond au Nom Latin Deus dédit ; & , conformément à cette conjectu-re , nous trouvons à la marge d’une Copie Manuscrite d’ Abu'Ifarage le nom $ Abel expliquéen Arabe par celui de Hèbatallah, le don de Dieu.

Le nom de Babel lui-tnême, que le Texte Hébreu nous apprend avoir été donné, parceque Dieu 77 b Balai confondit le langage de toute la Terre (2), peut pareillement être mieuxdérivé du mot Syriaque Babel, qui veut dire confondre, boblo ou bobel signifiant dans cettelangue confusion.

f Nous alléguerons pour exemples les noms de Noé & à'Abraham. Le prémier fut appel-lé ainsi, parce que, difoit son Père, yenahamenu, il nous soulagera &c. (z). Mais, si sonnom étoit dérivé de la racine oro niham, soulager, le Patriarche dont il s’agit auroit étéappelié Nohem, ou Menahem , & non pas Noé, qui ne fauroit venir régulièrement d’aucunantre Verbe que de nah , reposer : & voilà pourquoi les LXX. ont dans leur Version, au-lieude il mus soulagera, hmanávru, il fera que mus mus reposerons &c. ; Traduction qui a portéquelques Savans (4) à croire que Pandémie & vraye leçon étoit yanihenu. Auíïï Philon Juif& St. Jérôme expliquent-ils le nom de Noé par le mot de repos.

Le nom d 'Abram fut changé en celui à'Abraham, par llnfertion de la lettre H, parcequ’il devoit devenir pan 3tí Ab hamon,le père d’une multitude de Nations (5 j : suivant cetteétymologie, il auroit dû plutôt être appelle Abhamon, ou Abham (quoique nous il’igno-rions pas que quelques Savans prétendent que la lettre n a été inférée pour marquer le mo-nosyllabe 31 r ab , plusieurs). Mais les noms de ces deux personnages, particulièrement dudernier, étant trop fameux dans f Orient pour pouvoir souffrir quelque changement considéra-ble , Moyfe a été obligé , pour cette cause , de les conserver tels qu’ils étóient , & deleur donner eu Hébreu la meilleure étymologie qu’il pouvoir. Nous pourrions alléguer uneétymologie bien plus plausible du nom d’ Abraham tirée de f Arahe^, Abu rôham , qui veutdire k pire dune multitude, si nous n'étions pas persuadés que c’est-là une de ces ressem-blances accidentelles, qu’il n’est pas permis.de tourner en preuve.

§ Comme Adam a été appelié ainsi à’Adamah, la Terre, de-même le mot Latin homo est.

Ol ibid. v,' z,.

(A Groclus aá loc. & Lud. Capell. Ctítíc.Sacr. L. jv. c. s.

(sì Geneí, XVII. s,