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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Sect. V.

Confusiondes Lan-gues.

Année duDéluge401.

Avant J. C.25 97 -

La Con-fusion desLangues.

Commenteile futproduite.

273 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Si donc la Langue Hébraïque ne sauroic démontrer la validité de ses pré-tendons , nous pouvons, fans nous arrêter à réfuter ce qui a été allégué enfaveur des autres Langues, conclure que la Langue primitive s’est perdueà Babel, ou, ce qui revient au même, qu’on ne fauroit dire où elle a été

conservée.

L’ufage universel d’une seule & même Langue (quoique peut-être avan-tageux au Genre-humain à certains égards) étant néanmoins un obsta-cle à la séparation des hommes en différens Peuples, que Dieu avoit résoluepour de sages raisons (-r); cet Etre suprême jugea à propos de rompre lelien qui les unissoit si étroitement ensemble, & confondit leur Langage, demanière que les uns ne comprenoient pas ce que les autres difoient, ce qui,par une conséquence naturelle, les répandit fur la face de la Terre (Z»). Cetévènement est rapporté par des Historiens profanes, qui racontent que leshommes parloient une feule & même Langue, jusques au tems de la des-truction de la Tour de Babel, une pluralité de Langues ayant été alors intro-duite par les Dieux, fur quoi il survint des guerres ; & ceux qui enten-doient le Langage les uns des autres, se joignirent ensemble,& s’emparé-rent des Pays qui se trouvèrent à leur bienséance (t).

II y a une grande diversité de sentimens fur le degré auquel cette Confu-sion fut portée, & fur la manière dont elle fut produite. Plusieurs Savans,prévenus de l’opinion que tous les différens Idiomes qu’il y a à présentdans le Monde tirent leur première origine d’un seul (k même Langageprimitif, auquel on pourroit de-nouveau les réduire (d) ; & que la variétéque nous trouvons à présent dans les Langues ne pouvoit pas manquer d’ar-river dans un si long espace de tems, en supposant simplement que lesArchitectes de Babel se sont séparés (c) ; ont soutenu qu’il n’y a point eude nouveaux Langages de formés au tems de la Confusion, mais que toutce que la Providence a fait, a été de semer la Division parmi les Architec-tes dont il s’agit *. Quelques-uns pensent que Dieu a exécuté ce dessein

(/O Genes. XI. 6.t» Ibid. v. 7, 8.

(c) Abydenus spud Euíeb. de Prap. Ev.L. IX. c. 14. Sibylla & Hssliseus, apudeund.

ibid. c. 15. & apud. Joseph. Ant. L. I. c. 4.

( d) Stiernhielmius Prœf. in Evang. Ulfi.1», P- 4-

(-) Heidegg. Hist, Patr. Exer. 21. §. 2 t.

* O n allègue eu faveur de cette opinion; que le mot Hébreu, faphah , /à, que nousrendons par celui de langage ou de parole (1), lignifie plutôt consentement , gu unanimité ,& est équivalent à pheehhad, c’esl-à-dire une bouche (2), qu’pn peut traduire d'un mêmeaccord. Mais cette dernière expression est proverbiale, ce que l’autre n’est pas : déplus, ilne s’ensiiit pas de-là, qu’uue lèvre doive signifier la même chose qti'tme bouche-, le seul pasl’a-ge, qui a été produit comme preuve à cet égard (3), ne prouvant absolument rien de pa-reil (4). On a allégué un autre Texte, qui semble favoriser davantage cette interprétation ;lavoir, un des Pseaumes où David prie que Dieu divise les Langues de ses ennemis (5 ),

(1) Genes XI. i, f, f, G) Wotton’s Dise. ont the Confusion of

G) Jos. IX. 2. I. Rois XXII. I,. guajtes, p. 9.

(3) Esai, XIX. 18, (;) rs. LV. lo,