DEPUIS LE DELUGE JUSQU’A ABRAHAM Chap. II. 28 rgués qui étoit nécessaire pour rompre toute communication entre les trois Sect. v.grandes branches du Genre-humain ; car, pour ce qui regarde les Dialectes, confusionnous avouons qu’elles ont pu, & même dû être l’ouvrage du tems. à Un-
En général, nous croyons pouvoir conclure avec un Savant du prémier s ues -ordre, aux fentimens duquel fur ce sujet nous souscrivons entièrement, àà àqu’au tems de la Confusion de Babel il y eut de nouveaux Langages de for-més; Langages , qui ont été les racines & les sources dont les différens Avant J.C.Dialectes qui sont, qui ont été, ou que seront en usage, aussi longtems 259-.
que la Terre durera, ont tiré leur origine , & auxquelles on peut facile--'
ment les ramener («) *. C’est une question embarassante, que celle qui re-garde la manière dont ces nouvelles Langues ont été formées. II lemblepar le récit de Moyse, qui est clair, & qui représente Dieu comme descen-dant pour voir l’ouvrage de ces Architectes (b ), que cette formation ait étéla production immédiate de la puissance de Dieu ; &de-là quelques-uns ontconclu, que l’Etre suprême produisit cet effet , en leur faisant oublier laLangue qu’ils savoient,& en infusant dans leurs âmes la connoissance d’uneautre Langue, différente dans chacun suivant la Nation à laquelle il dévoieappartenir (c). Les Juifs s’imaginent que la chose a été exécutée par leministère des Anges, dont soixante-dix descendirent avec Dieu, qui établitchacun d’euxsur une Nation, à qui ils dévoient enseigner une Langue par-ticulière : mais Dieu fut le Précepteur à'Israël, la portion de l'Eternel étantson peuple (d); & voilà pourquoi, disent-ils, leur Langue est la Langueprimitive (e). D’autres ont supposé que le Miracle que Dieu a opéré, aseulement consisté à leur faire oublier leur prémier Langage, leur laissantle soin d’en former d’autres du mieux qu’ils pourroient {/) ; mais cet ou-vrage auroic demandé bien du tems, & avant qu’il eût été fait, le Genre-humain fe seroit trouvé dans de grands embarras. i\u reste, comme de pa-reilles Recherches sont aussi vaines qu’inutises (§), nous avouons ne pou-voir mieux expliquer le Miracle dont il s’agit,qu’en supposant que Dieu l’aproduit tout d’un coup, & d’une manière inexplicable pour nous (h).
Ce seroit une peine très mal employée, que de rassembler toutes les opi- Nombrenions concernant Je nombre des Langages formés à Babel: le nombre de à L?„ ga ,soixante-dix, dont nous venons de parler, est aussi bon qu’un autre. Nousg^^savons seulement par le récit de Moyse , que la Langue Cananéenne oubraïque , aussi-bien que les Langues Syriaque & Egyptienne , étoient en usa- C es de «tts
formation .
(«) Wotton Discours, p. 29. (/) Heidegg. Hist. Patriarch, T. I. Exerc.
(D Genes XI. 5. à. 21. §. 19. _
(c) Pererius in Genes. Lib. XVI. Disp. 9. <g) Buxtorf. Diflert. de Ling. Hebr, Con.
(d) Deut. XXXII. 9. fusione & plurium Ling. Origine.
(/) Eliezer Pirke , c. 24. Shalshel. Hak- (h) Mercer. in locum.
kab p. 93 - & c -
* Peut-être pouvons-nous 'excepter ces Langages, qu’on prétend être l’onvrage d’un cen-lentement, & d une espèce d’accord , tels que font le Chinois & I e Langage des Tttcas duSirou~, mais c’est de quoi nous aurons occaíìon de parler dans la fuite.
Tome I, O o