DEPUIS LE DELUGE JUSQU’A ABRAHAM, Chap. IL 299été appellés par les Grecs Sabtaceni , ce nom, par une espèce d’adoucifle* Szct. Ví.ment,avoit été dans la fuite changé en celui de Saraceni : & ce qui le rcn- Dispersionfirme dans ce sentiment, c’est que le changement dont il s'agit, semble à Ce^e.faire allusion au Verbe Arabe Saraka , qui signifie Dérober , & dont le âàìnom de Saraceni a été formé par sobriquet. Cependant, à le bien exa- Année dtiminer, le nom, dont il est question, est au fond le même que celui de ® é,u S eSharkïm, qui en Arabe signifie Orientaux ; touc comme les Arabes Afrt-çcaìns , au Couchant de Y Egypte , sont appellés Mogrêbins ou Occidentaux. 2597.
Pour nous, qui n’osons pas prononcer fur une question si problématique, —--
nous croyons devoir passer Sabtècha , pour venir à Nimrod son Frère, à Nimrod.l’égard duquel tout le monde convient qu’il s’est rendu maître du Pays deScinhar, qu’il y a érigé un Royaume, & qu’il a fait de Babel le Siège deson Empire (a).
2. Mizraïm occupe la place du second fils de Cam , car les Sava-ns Mizraïta,ne font point d’accord si le nom de Mizraïm est celui d'une Personne oude tout un Peuple: & ce qui donne lieu à cette dispute est la terminaisondu nom, qui ne paroit pas être celle d’un singulier,quoique dans le Textela marque du singulier soit jointe au Verbe que MoyJe employé pour expri-mer Iue Mizraïm engendra \Ludim ; remarque tout-à-fait favorable auprémier sentiment. Quoi qu’il en soit, il est clair que le nom de Ludim ,
& ceux de tous ses autres Descendans, font au pluriel, comme cela paroitpar ce que Moy/e dit des Caphtorim, c’est-à-dire qu’ils étoìent sortis de Ca-phtoT' ( b ). Et nous ne trouvons pas le moindre inconvénient dans cetteopinion, qui suppose que ceux dont il s’agit, étoient des Branches d’ungrand Peuple désigné par le nom de Mizraïm , qui partagea entre eux lePays appelle ensuite d’après leur nom par les Hébreux {c).
Pour ce qui regarde les Nations descendues de Mizraïm , 1. les Ludim Ludita.passent généralement pour avoir été le même Peuple que les Grecs appel-soient Ethiopiens , & qui portent à présent le nom à'Abyssins. Bochart al-lègue en faveur de cette opinion jufqu’à dix arguinens (d). L’Lcritureles appelle ordinairement Lud, soit à cause du nom de leur fondateur,soit à cause de celui de leur Pays. 11 y a un Paíìage où Lud ess désignépar l’épithète de Peuple mêlé (e) ; en d’autres endroits (/) ils sont re-présentés comme habiles à tirer de l'Arc , habileté par laquelle les Ethio-piens se distinguoient:& dans deux des Passages que nous venons d’alléguer (§),
Lut est joint avec Cus & Phut , comme en d’autres endroits les Ludimfont joints avec les Egyptiens \h) ; d où l’on peut conclure, que c’étoiencdes peuples voisins. 2. L es Anamim étoient, suivant Bochart , les Arnino- An amím nrates ,ou les Habitans de cette Contrée de la Lybie où étoit le Temple deJupiter Hammon (r); & defeendoient, selon Hérodote , en partie des Egyp-
(<*) Supr. p. 220.
(A) Deut. II. 23.
10 Joseph. Antiq. L. I. c. 7.
C <0 iiochart. Phaleg. L. IV, c. 2 6.(O Ezéch. XXX. 5.
(/) Efaie LXVI. > 9 - J<?rém. XLVI. 9.(g) Ezéch. XXX. 5- Jérém. XLVI. 9.(L) 2. Chron. XII. 3.
(0 Bochart. Phaleg. L. IV. c. 30.