DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEX ANDRE, Cha?. III. 321rai venir les Egyptiens contre les Egyptiens, f? ils combattront Royaume con-tre Royaume, a été parfaitement bien traduit par les LXX, Gouvernementcontre Gouvernement. Le nombre de ces Go'uvernemens n’étoit pas déter-miné, ayant été plus ©u moins grand suivant la volonté du Prince, &voilà pourquoi les anciens Auteurs ne font point d’accord fur ce sujet.Cependant il y en a eu environ trente-six, dont chacun tiroit ordi-nairement son nom de fa Ville principale. Cette Division est attribuéeà Sèfoftris (a).
Notre intention n’est pas ici de nous étendre en particulier fur toutesles Villes d 'Egypte , ou de faire des Recherches Géographiques fur leurétat ancien & moderne, leurs noms & leur sit.uation,puisque dans la fuitenous aurons occasion de faire toutes les Observations que nous jugeronsêtre curieuses ou nécessaires.
Le Climat de Y Egypte doit nécessairement être fort chaud, puifqu’il n’estguères éloigné du Tropique. Quoique I air soit généralement sec , il nelaisse pas d’y tomber d’abondantes rosées pendant plusieurs mois, principa-lement quand les Eaux du Nil font hautes. II pleut souvent dans la BaffiEgypte , quoique quelques Anciens ayent prétendu le contraire (b) ; & me-me on a vu tomber de la neige à Alexandrie , comme pour donner un dé-menti à Senèque (c). A-la-vérité il pleut très rarement dans la Haute Egyp-te vers les Cataractes du Nil (d). Le prémier Eté, (car on en comptedeux en Egypte ), qui est pendant les Mois de Mars , d’Avril & de Mai ,est la Saison la plus mal faine,à cause des chaleurs excessives & des ventsbrulans, qui règnent alors, & qui causent diverses maladies : mais en ré-compense, durant le second Eté , qui est en Juin, Juillet & Août , aussi-bien que durant tout le reste de Tannée, on respire un air plus frais, & 1 ’£-gypte est un des plus charmans Pays du Monde. Quoiqu’il n’arrive guèresqu il y fasse froid , excepté seulement environ sept jours, que les Arabesappellent Bord al ajûz , le Froid de la vieille Femme, depuis le 7. jusqu’au 14.de Février j néanmoins, ceux' qui font un peu aisés portent des fourrures,à cause de Tinconstance de la Saison (e).
La Fertilité de Y Egypte , & l’Excellence de ses Productions & deses Fruits, ont été extrêmement vantées par les anciens Ecrivains,& par Moyse lui-même (/), à qui cette Contrée ne pouvoit être incon-nue. Elle abonde en toutes sortes de Grains , mais particulièrement en Ris ;ce qui la rendoit autrefois le Magazin de Rome , comme elle Test à présentde Conflantinople.
Les Endroits les plus fertiles de Y Egypte font le Delta , & cette Province quiest présentement appelléealFcyyûm, qu’oncroitêtrel’ancien GouvernementHèraclèotique (§), dont la Capitale porte le même nom. Cette Capitale, que les
(«) Diod. Sic. L. I. p. 50. p.74. &c. Ray’s Collect. ofTrave!s,T. II, p, 92.
(/>) Plato in Tim. Pomp. Mêla. (<-) Ibid. & Lucas T. II, p. 23p.
(V) Sencc. Nat. Quíest. L. IV. (f) Genès. Xllf. 10.
(_/) Çreaves’s Defcript. of the Pyramids, (5) Strabo L. XVII.
Tome L T t
Se ct. I,
Descriptionde f Egypte.
Climat,
Fertilité